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06 May 2017

Nouvelle version du site

Après quelques jours de pause à cause de douleurs dans le dos (hernie discale, quand tu nous tiens…), j’ai travaillé un petit peu sur mon site avant de reprendre la relecture de ma nouvelle histoire. Alors, quoi de neuf sur mon site ? 

La boutique

Vous êtes nombreux à vouloir commander mes livres sans vouloir forcément passer par Amazon. C’est donc fait, il est possible d’acheter mes livres directement sur le site. Avec un panier, une gestion des quantités, un vrai compte client et tout et tout. A terme, je pense mettre les marque-pages, pourquoi pas quelques tapuscrits et mes toiles… Je vous le demande : bonne ou mauvaise idée ?

http://matthieubiasotto.com/boutique/

Les formats epub !

Les lecteurs Kindle me suivent généralement sur Amazon mais pour les explorateurs littéraires qui lisent sur Kobo ou autres… c’est un véritable casse-tête. J’ai résolu le problème puisqu’il est possible d’acheter mes livres numériques au format mobi et epub sur la boutique : http://matthieubiasotto.com/categorie-produit/numerique-epub-et-mobi/

Le Forum

Je viens de mettre en place un forum sur lequel les lecteurs, les curieux, mes potes auteurs indé’ pourront échanger ou me poser des questions. Je ne sais pas si ça va marcher, mais j’avais envie d’essayer. Donc n’hésitez pas à ouvrir un sujet, je ne suis jamais très loin. On se retrouve sur le forum : http://matthieubiasotto.com/forum/

Dernier point…

N’hésitez pas à venir ajouter vos commentaires sur mes livres dans la fiche produit de la boutique pour aider les futurs lecteurs à ce décider. ça serait sympa et ça me ferait plaisir.

Par exemple sur Ewa : http://matthieubiasotto.com/produit/ewa-numerique/

J’espère que ces petites modifications vont vous plaire et que le site va vous faciliter la vie.

Alors… cette nouvelle version, vous en pensez quoi ?

 

 

22 Apr 2017

L’importance d’une bonne couverture pour votre livre

[button link= »http://matthieubiasotto.com/creation-de-couvertures-graphisme/ » target= »_blank » shape= »square » size= »medium » outline= »no » color= »black » move= »no » external= »no »]Besoin d’une couverture ? [/button][br][br][br][br]

Aujourd’hui, je reviens sur mon blog pour vous parler d’un élément capital, crucial et trop souvent négligé chez les auteurs indépendants qui se lancent : la création de la couverture. [br][br]

Au même titre que le résumé, le prix, le titre et la qualité du texte… la couverture peut faire toute la différence. En tant que le lecteur, c’est sans doute l’élément principal qui attise ma curiosité et me pousse à lire la 4e de couverture, me donne envie de me pencher sur l’extrait et d’acheter le texte d’un auteur que je ne connais pas. Et je suis loin d’être le seul dans ce cas. Amis auteurs, frères de plumes, vous devez bien comprendre que notre société est une société basée sur l’image. L’auto-édition n’échappe pas à cette loi universelle.[br][br]

Étant un auteur Amazon KDP, je passe beaucoup de temps sur la plateforme et je vois chaque jour une quantité impressionnante de livres numériques dont les couvertures traduisent une négligence flagrante. La bonne nouvelle, c’est que rien n’est gravé dans le marbre et qu’il est possible à tout moment d’améliorer votre visuel et de donner une nouvelle chance à votre ouvrage.[br][br]

Alors, une bonne couverture… C’est quoi ?[br][br]

C’est avant tout, une promesse faite au lecteur. Elle est le premier contact entre lui et vous. Ce visuel doit faire vibrer votre futur lectorat et lui donner l’envie de s’arrêter quelques secondes sur votre travail. Dans un océan de titres numériques, une couverture qui accroche l’œil est un atout majeur, c’est clairement un point à ne pas prendre à la légère. La couverture de votre livre doit représenter votre univers, traduire l’ambiance de votre histoire et bien sûr, elle doit annoncer clairement la couleur. La couverture doit être à la hauteur de votre plume.[br][br]

Pour faire simple, il suffit de retenir la règle des 5 « i ». Une bonne couverture doit être :[br][br]

  • Irrésistible
  • Inimitable
  • Impactante
  • Intrigante
  • Irréprochable[br][br]

Irrésistible, parce qu’elle se veut séductrice et même tentatrice. [br][br]Inimitable, parce qu’elle doit se différencier des autres. Je vois trop souvent des visuels reprenant les mêmes photos gratuites… Inutile de vous expliquer les conséquences néfastes de deux couvertures semblables, surtout lorsque les internautes viennent à le remarquer sur la toile. [br][br]Impactante, car elle doit laisser une marque. Votre couverture sera relayée sur les réseaux sociaux, sur les sites d’avis et de critiques (Babelio, Booknode & co’), sur les blogs dans le cadre de chroniques, sur les groupes de lectures un peu partout sur le web… Bref, les lecteurs doivent pouvoir la mémoriser pour favoriser le bouche-à-oreille. [br][br]Intrigante dans le sens où elle doit susciter l’envie d’en savoir plus. Que cache se visuel ? Que réserve-t-il ? Dans quoi s’embarque le lecteur ? [br][br]Irréprochable, tant pour son exécution technique que sur la partie légale. Je vais développer ce point plus tard.[br][br]

Astuce #1 : N’hésitez pas à faire participer vos proches, à demander l’avis de vos amis sur Facebook en postant votre visuel. Si votre image génère de nombreuses réactions et une avalanche de likes, c’est que vous êtes sur une bonne piste.[br][br]

Astuce#2 : Dans le cas où votre livre existe déjà (sur amazon par exemple), il existe un moyen simple de savoir si votre couverture remplit son rôle. Rendez-vous sur la page descriptive de votre livre numérique ainsi que sur votre interface KDP dans les rapports de ventes. Accrochez-vous, soyez lucide, le verdict va tomber.[br][br]

  • Si votre prix est dans la moyenne du marché (entre 0.99 et 4.99€ > idéalement 2.99€, je ferai un article à ce sujet)…
  • Si votre titre est bon…
  • Si votre résumé donne envie de lire et qu’il est à la hauteur de vos attentes…
  • Si les commentaires clients sont sincères, encourageants et positifs (même s’il y en a trop peu à votre goût)…
  • Et enfin, si vos ventes sont en bernes…[br][br]

… Vous pouvez facilement en déduire que votre couverture est à revoir, elle est responsable de la mauvaise trajectoire que prend votre ouvrage. Bien entendu, le succès d’un livre en auto-édition dépend de beaucoup de facteurs ainsi que de votre visibilité et de la taille de votre réseau. (Je vais faire plusieurs articles détaillés pour traiter ces sujets). Cependant, un auteur qui se lance dispose des mêmes mécanismes automatiques sur amazon que les auteurs déjà en place.[br][br]

Un livre qui parvient à réunir toutes les conditions de succès (en incluant une sacrée bonne couverture), est un livre qui doit naturellement grappiller des places dans le classement Amazon sans effort particulier de communication. Ou à défaut, c’est un livre qui doit pouvoir se maintenir à une place honorable sans opération promotionnelle.[br][br]

Mais ce n’est pas tout. Une bonne couverture doit aussi respecter un cadre légal. Pour faire simple : il est interdit de piocher sauvagement un visuel sur Google Image. Là, c’est l’ancien graphiste qui vous parle. Une image est une œuvre. En tant que telle, elle dispose de droits d’auteurs qu’il vous faut respecter. Vous êtes bien placés pour savoir à quel point le piratage peut être irritant. ;)[br][br]

Il existe des sites proposant des images libres de droits, vous devez vous en servir. Vous avez le choix entre les banques d’images gratuites ou payantes. Encore une fois, libre à vous d’investir dans votre texte ou pas. Personnellement, je conseille d’acheter chaque visuel. D’acheter du prémium. De faire travailler un photographe si votre budget vous le permet. C’est un respect pour le photographe, l’illustrateur ou le créatif qui a produit l’image. C’est un respect pour votre travail et l’engagement qu’il a demandé. C’est un respect pour vos lecteurs.[br][br]

Pour être tout à fait clean, je conseille également d’inscrire dans les mentions légales de votre livre la source du visuel, le nom du photographe ou au minimum le site depuis lequel vous avez obtenu la licence ainsi que la référence du visuel. Je le rappelle, il faut privilégier la qualité, il faut trouver l’image qui défend le mieux votre texte. Il faut investir un peu pour se donner toutes les chances de réussir.[br][br]

Il en est de même pour la typographie. Toutes les polices de caractères ne sont pas libres de droit, on ne peut pas se servir comme ça, sans respecter le travail des créatifs. Utilisez des typos professionnelles, élégantes et libres de droits dans le cadre d’un usage commercial.[br][br]

Enfin, vous devez garder en tête qu’une bonne couverture est une couverture qui fonctionne dans tous les formats. Votre visuel doit être lisible dans n’importe qu’elle taille. Dans sa taille d’origine bien entendu, mais aussi en miniature. Les librairies en ligne proposent toutes un catalogue affichant des dizaines de miniatures par page. Votre image doit attirer l’œil et être lisible dans ce petit format. N’oubliez pas non plus que votre visuel doit fonctionner en noir et blanc. L’affichage sur liseuse doit permettre d’apprécier votre image. Il est parfois utile de jouer sur les contrastes pour avoir un rendu satisfaisant sur les appareils Kindle, Kobo ou autres.[br][br]

Pensez aussi au papier. La déclinaison de votre ebook au format papier exige une image en haute définition avec une mise en page particulière. La taille et la qualité du fichier d’origine sont importantes. À l’impression, on vous demandera au minimum du 300 dpi (72 dpi pour tout ce qui est digital).[br][br]

Astuce#3 : En tant qu’auteur indépendant, vous devez faire attention aux proportions dans la mise en page de la couverture. Votre nom n’a pas (encore) une aura suffisante pour l’afficher en gros sur votre livre. Vous devez privilégier la taille du titre et faire en sorte que vos futurs lecteurs s’en souviennent. À force de voir passer votre titre, ils pourront facilement l’identifier et se laisser tenter J

Pour résumer…

La couverture arrive en bout de chaîne. Vous avez longuement travaillé vos personnages, vos chapitres. Vous avez donné le meilleur sur le fond comme sur la forme. Ne balayez pas des mois ou des années d’efforts en bâclant votre visuel. Votre livre mérite une bonne couverture. Les lecteurs vous remercieront.[br][br]

Maintenant vient la question : comment faire pour créer la couverture de votre livre ?[br][br]

Je vous déconseille d’utiliser le générateur de couverture Amazon. Le résultat est souvent médiocre, le rendu fait vraiment amateur. C’est le meilleur moyen pour ne pas être lu.[br][br]

Alors, vous avez le choix. Vous pouvez le faire par vos propres moyens, si vous avez des facilités avec les logiciels de créations graphiques (photoshop, illustrator, gimp qui est gratuit) par exemple. Vous pouvez chercher autour de vous quelqu’un qui a peut-être les compétences pour travailler sur votre visuel. Dans tous les cas, essayez d’avoir un œil exigeant. Essayez d’atteindre un niveau professionnel. Essayez de penser comme un éditeur.[br][br]

Vous pouvez également passer par un graphiste professionnel qui va mettre toute son expertise à votre service. Il existe de nombreux prestataires dédiés à la création de couvertures. Encore une fois, c’est un choix qui vous appartient : êtes-vous prêt à donner toutes les chances à votre livre ?[br][br]

En parlant de chance justement…

Pour ma part, j’ai la chance d’avoir été graphiste dans une autre vie. Je réalise mes propres couvertures et je suis le mieux placé pour savoir ce que je veux proposer aux lecteurs. 10 ans de graphisme à haut niveau comme freelance, ça aide – je triche un peu.[br][br]

J’ai eu la chance de réussir sur Amazon. J’ai la chance de pouvoir vivre de ma plume. Et il est temps pour moi d’aider les autres à mon tour. J’ai reçu de nombreuses demandes, j’ai longtemps hésité et puis aujourd’hui… je viens de trancher. C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir une rubrique sur mon site pour la création de couvertures. Si je peux vous aider, si je peux utiliser mon savoir-faire pour vous aider à décoller… Alors la boucle sera bouclée.[br][br]

[button link= »http://matthieubiasotto.com/creation-de-couvertures-graphisme/ » target= »_blank » shape= »square » size= »medium » outline= »no » color= »black » move= »no » external= »no »]Création de couverture[/button][br][br][br][br]

14 Mar 2017

Mon programme : Livre Paris 2017

Je serai présent le samedi 25 et dimanche 26 mars au salon Livre Paris.
Porte de Versailles – Pavillon 1, sur le stand F14 – le stand Amazon KDP.[br][br]

J’arrive le samedi vers 12h00. Il sera possible de discuter et échanger avec beaucoup d’auteurs indépendants. Vous y retrouverez entre autres :[br][br]

  • Amélie Antoine
  • Solène Bakowski
  • Isabelle Rozenn-Mari
  • Alice Quinn
  • Laure Manel
  • Sonia Dagotor
  • Wendall Utroi
  • Jacques (et J-line) Vandroux
  • Cédric Péron
  • Arnaud Codeville
  • Olivier Bal
  • Maddie D
  • Patrick Ferrer
  • Lilly Sweet et Kaléna
  • [br][br]

Le samedi :[br][br]
Pour ma part, je prends le micro de 15h45 à 16h15, au côté d’Isabelle Rozenn-Mari, Lilly Sweet et Kaléna pour partager mon expérience Kindle Direct Publishing et ma folle aventure avec Amazon.[br][br]
De 16h30 à 19h00, j’endosse le rôle de jury lors du speed-dating de l’auto-édition. Si vous souhaitez proposer votre texte, c’est l’occasion idéale 🙂 Le principe est simple : vous avez 5 minutes pour vous présenter et défendre votre histoire. Alors, prenez une grande inspiration, affûtez votre présentation, musclez votre pitch et venez avec vos premiers chapitres sous le coude. Tout va bien se passer :)[br][br]
Enfin, à partir de 19h00 je dédicace Yell (gracieusement offert par Amazon sur le stand F14) en compagnie de nombreux auteurs Amazon.[br][br][br][br]

Le dimanche, ma journée s’annonce moins chargée. Il y aura cependant de nombreux ateliers et des animations. Vous découvrirez des tonnes d’informations autour de l’auto-édition, des astuces pour se lancer et mettre toutes les chances de votre côté. Cette journée me laissera du temps disponible pour discuter avec mes amis auteurs et tous ceux qui viennent faire un tour sur le stand. En bref : deux jours intenses d’échanges et de partages.[br][br][br][br]

04 Mar 2017

Ewa – Sortie le 5 mars

J- 1 avant la sortie de mon dernier thriller « Ewa », à l’occasion du lancement, le concours Facebook a remporté un franc succès. Voici le nom des gagnants pour les 5 exemplaires numériques dédicacés : [br][br]

  • Isabelle Botti
  • Delphine Leroy
  • Eric Lebeau
  • Sandrine Delarace
  • Christian Stéphanie[br][br]

Bravo à eux et merci à tous pour cette participation massive. Les 5 gagnants peuvent me contacter sur Facebook en message privé ou me laisser leurs e-mails en commentaire. Je prépare les fichiers dans l’après-midi 🙂 Pour tous les autres, on se retrouve ce soir sur le groupe de Damien Gruson « L’univers de Matthieu Biasotto« , à 21h00 je fais une vidéo en direct depuis l’atelier. On s’y retrouve pour discuter dans une ambiance détendue. En attendant voici le résumé et le chapitre #1. Prenez soin de vous ![br][br]

[br][br]

Ewa – Résumé[br][br]

Elle s’appelle Ewa. Elle est particulière. Elle ne doit jamais se regarder dans un miroir. Jamais. Son don étrange est une malédiction qu’elle ne maîtrise pas. Son passé est difficile à porter. Il lui est impossible de partager son secret. Elle ne peut faire confiance à personne.[br][br]  

Enfermée « pour son bien » à Miedzeska, dans une pension pour filles au cœur de la Pologne, Ewa survit entre humiliations et sévices. Elle serre les dents en rêvant d’évasion, mais personne ne s’échappe de cet internat.[br][br]  

Alors pourquoi des filles disparaissent-elles sans laisser de traces ? Que deviennent-elles ? Et surtout… qui sera la prochaine ? Ewa ne doit jamais céder à l’appel des miroirs, elle le sait. Elle a juré. Et si la vérité se cachait dans son reflet ?[br][br]  

 

Chapitre 1[br][br]

Le moteur vient d’être coupé, les vibrations cessent immédiatement. C’est étrange comme sensation, je n’étais jamais montée dans une voiture jusqu’à aujourd’hui. Je l’entends retirer la clé du contact. Un silence embarrassé précède un soupir amer. Le genre de soupir qu’on laisse échapper avant de devoir se salir les mains. C’est un souffle pesant, qui murmure entre les lignes et dans l’habitacle : « Mon Dieu, qu’est-ce qu’on va faire ? » Il ne dit rien, mais je le comprends. Ça ne doit pas être évident. Est-ce qu’il voit mes larmes, au moins ? Est-ce que ça compte réellement ? Je n’en sais rien.[br][br]

Quelle heure est-il ? Encore confuse, je n’ai aucune notion du temps. J’ai sans doute perdu connaissance pendant plusieurs heures, certainement une partie de la nuit. Ma crise d’hystérie est terminée. Fini les pleurs, fini les hurlements, les coups de pied et les griffures pour me débattre. Je suis marquée à jamais et étrangement déconnectée de la souffrance qui m’a fait basculer. Ce doit être la conséquence du traumatisme, très certainement. Il ne me reste que des bribes de souvenirs atroces, mais je n’ai plus mal à l’intérieur. Je suis résignée et encore droguée. La dernière chose probablement intacte dans ma mémoire, c’est cette douleur aiguë provoquée par une seringue sur ma peau.[br][br]

Assise bien droite sur mon siège, comme une poupée de porcelaine, je tends l’oreille, en direction du conducteur. Le bruit de la portière m’interpelle. La voiture tressaute légèrement lorsqu’il abandonne le volant. Sa descente de la berline engendre un mouvement presque imperceptible. Il y a le son de l’herbe givrée qui craque sous ses pieds, alors qu’il fait le tour pour ouvrir de mon côté. Je ne peux pas le voir, j’ai les yeux bandés.[br][br]

L’air glacé d’un matin de décembre s’engouffre à l’intérieur, les températures négatives me font grelotter. L’hiver mord ma peau, mes cuisses chétives, mes bras nus et mon poignet blessé. Je suis simplement habillée d’un morceau de drap déchiré, j’ai dû quitter la maison dans la panique. Tout est allé très vite. Un frisson désagréable galope le long de ma colonne vertébrale. Est-ce que j’aurai bientôt des vêtements chauds ? Je l’ignore. Après la surprise de la fraîcheur, vient maintenant l’odeur. Ça sent la campagne et le sapin. Où sommes-nous exactement ? Je n’en ai aucune idée. Je sèche mes joues à tâtons, je dois me ressaisir. Je dois être forte. Il déglutit juste à côté de moi avant de m’adresser la parole.[br][br]

—   Donne tes mains.

Et je donne mes mains, sans discuter. Est-ce qu’il me fait peur ? Difficile à dire, la situation est tellement étrange. Il me noue les poignets à l’aide d’une épaisse corde rêche. Je devine qu’il tremble, mais ce n’est pas à cause du froid. Les Polonais sont habitués au climat rude, surtout dans la campagne, au sud de Cracovie. Non… si ses mains tremblent, c’est à cause de moi. Parce qu’il est en train de m’attacher, parce que j’ai les yeux bandés, parce que je suis encore mineure. Il paraît que s’il fait tout ça, c’est uniquement pour mon bien. Il paraît que je ne dois pas prendre le moindre risque et qu’il est plus sage de coopérer. Maintenant que les effets de la substance se dissipent dans mon organisme, il me ligote en me murmurant que cette mesure de précaution est préférable pour sa sécurité, ainsi que pour la mienne. Comment ne pas le croire quand il m’assure qu’on n’a pas le choix, que je dois lui faire confiance et quand il me répète que je suis tout à fait particulière ?[br][br]  

Lorsqu’il en a fini avec mes liens, je perçois le grincement des portes arrière dès leur ouverture. Qu’est-ce qu’il fabrique ? Je me raidis. Dans mon dos, on dirait qu’il s’attèle à la tâche en respirant de plus en plus fort, ce qui déclenche une nouvelle ondulation discrète de la traction. Les amortisseurs de la Fiat sont soulagés d’un premier poids. Puis rapidement d’un second et d’un troisième. Trois corps. Je n’ai pas eu l’occasion de leur dire adieu. Ni même pardon. Il s’agit de deux prêtres, et de mon père. Mon chauffeur, essoufflé, semble les déposer à terre.[br][br]

Alors que les dépouilles sont traînées une à une, un peu plus loin, un clapotis paisible – presque mélodieux – me parvient en arrière-plan. Est-ce que nous sommes à côté d’un lac ? Je le suppose. Les trois victimes sont jetées dans l’eau à proximité. J’entends le murmure de sa foulée, lente et déterminée. Lorsqu’il revient dans ma direction, il est froid et méthodique, incroyablement calme. Il me semble identifier le bruit d’une friction sur la banquette arrière, j’imagine qu’un chiffon rageur vient à bout du sang, laissé sur les sièges souillés par les corps transportés. Il n’est pas pressé, il ne panique pas. J’en déduis que nous sommes seuls, et que personne ne saura ce qui est arrivé. Je pense qu’il a pris ses précautions pour ne pas se faire remarquer. Une voiture, une belle Fiat comme celle-ci, ne passe pas inaperçue. Surtout dans les années trente.[br][br]

Il referme la berline puis s’installe au volant. Il a peut-être même pris soin de décrotter ses souliers avant de monter, ça ne m’étonnerait pas. L’élégante traction se met en route mollement, je ne connais pas notre destination. Les seules questions qui me viennent sont d’un tout autre genre :[br][br]

—   Est-ce que je pourrai revenir un jour ?

—   Je ne pense pas.

—   Est-ce que vous l’avez enterrée avant de partir ?

—   Tiens-toi tranquille, la route va être longue.

—   Dites-moi… l’avez-vous enterrée ?

—   Oui, je tenais à le faire. Je me suis occupé de ta mère.

[br][br]  [br][br]

 

Merci et rendez-vous demain pour le lancement 🙂  Je ne suis jamais très loin, n’hésitez pas à me laisser un commentaire. [br][br]

 

 

27 Feb 2017

Yell – 3150 lecteurs

Sorti le 10 décembre 2016, Yell approche le cap des 3200 lecteurs. Ce score est tout à fait honorable, car cette histoire très sombre flirte allègrement avec le genre fantastique. Oui, dans Yell, on retrouve des phénomènes étranges et des manifestations obscures dans une ambiance aussi glauque que sombre. C’était une première pour moi, je me suis bien amusé et je suis globalement ravi de l’accueil réservé au livre.[br][br]

Bien entendu, tout le monde ne peut pas adhérer, l’aspect fantastique peut être perturbant, je prends les quelques réactions vives avec beaucoup de recul, j’accepte. C’est vrai qu’il s’agit d’une prise de risques, mais pour moi, quoi qu’il arrive, le plaisir d’écrire doit primer avant toute chose. Ce que j’aime, c’est raconter une histoire, peu importe le cadre.  [br][br]

numero1_vente.jpg

Je dois l’admettre, Yell est un peu particulier, il ressemble à un slasher. C’est vrai qu’il est gris et troublant – pas vraiment joyeux. Toutefois, il fait son chemin sur amazon, se maintient dans le classement du Top 100 et reste dans les meilleures ventes de sa catégorie. Avec près de 60 commentaires très tranchés, ce titre insupporte ou transporte… En tout cas, il ne laisse pas indifférent. Et ça me va. 😉 [br][br]

Aujourd’hui, il est temps pour moi de tourner la page, de le laisser vivre et de me focaliser sur ma prochaine sortie prévue pour le 5 mars.[br][br]

(En promotion au format numérique jusqu’au 7 mars. 1€49)[br][br]
Yell sur Kindle : http://amzn.to/2mvq5aT[br]

Yell en broché : http://amzn.to/2mlJq1g[br][br]

Merci à tous et à très vite.

19 Sep 2016

Après moi le Déluge : Chapitre 2

Pour rappel le chapitre 1 se trouve ici.

Sous les bombes

 

Les portes en verre de la banque Byblos s’ouvrent sous un ciel sans nuage, déversant une poignée de clients sur la rue Amine Loutfi Hafez. La chaleur étouffante se mêle aux vents brûlants de l’Orient. Une silhouette élancée et moderne se fige sous l’enseigne mauve qui défie la fournaise syrienne. Derrière de larges montures solaires, un visage tendu fixe la mosquée de Tawhid et son dôme colossal. L’éclat du temple se détache à la surface d’un océan aux teintes sépia composé de constructions délabrées, au cœur d’une ville esquintée par des intérêts qui nous dépassent. Ma mère scrute les pointes blanches dressées vers le soleil puis réajuste de ses mains encore tremblantes ce voile qui est de rigueur afin de couvrir ses mèches brunes. À l’heure qu’il est, j’ignore ce qu’elle vient de faire, je n’ai pas conscience de ce qu’elle a derrière la tête. J’ignore qu’elle quitte l’établissement avec son sac à main serré sous le coude pour fouler le trottoir d’un pas vif en dépit des quarante degrés qui écrasent Alep en cette fin de journée.[br][br]

Je l’imagine jeter un œil sur sa montre, se rendant compte qu’il est tard. Sans doute trop tard. Elle accélère le pas pour rentrer à la maison, foulant les pavés sales et abîmés, entre les étals bon marché et les devantures condamnées. Ce n’est pas prudent de se promener avec autant d’argent. 1,5 million de livres syriennes – soit l’équivalent de 6000 € –, c’est pourtant ce qu’on lui a demandé. Dans les ruelles à l’entrée du quartier, il y a de l’agitation, c’est toujours comme ça dans l’enceinte d’Al Ourouba. Sauf qu’aujourd’hui, les discussions montent d’un ton rapidement, il y a de l’angoisse dans les échanges, des hommes s’interpellent à haute voix, d’autres trottinent pour se mettre à l’abri. On évoque Allah plus que de raison, on craint, on prie. Peut-être que ma mère aurait dû presser le pas davantage ? Peut-être qu’elle aurait dû courir ? Peut-être que ça n’aurait rien changé, et que ce qui doit arriver arrive quoi qu’on fasse ?[br][br]

Je ne sais pas encore qu’elle vient me chercher. La tête plongée dans des livres usés, je n’ai aucune idée de ce qui m’attend. À l’extérieur, il y a ce vieux monsieur qui se poste à l’ombre d’une tour pour fixer le ciel en marmonnant dans sa barbe, mais maman ne l’entend pas. Dans sa tête tout est prêt, elle vient d’avoir son contact, elle a fait ce qu’il y avait à faire. En bas de notre immeuble, quelques jeunes scrutent le ciel, mais il n’y a rien pour l’instant. Ma mère lève la tête pour les imiter et distingue les colonnes de fumée noire s’élevant au-dessus des zones rebelles à l’horizon. Paysage désolé par la haine, ça fait des mois que ça dure… On s’y est habitué. Rien d’inquiétant, mais ce n’est pas une raison pour traîner.

[br][br]

Les lunettes de soleil regagnent leur étui, maman traverse la coursive à la hâte pour rejoindre notre appartement au premier étage. Elle croise notre voisine de palier qui se tient au frais, assise sur les marches. Mahima passe ses journées dans la cage d’escalier, en attendant que les températures retombent et que l’air soit plus clément. Toutes deux échangent un simple signe de la tête pour se saluer, ma mère poursuit son chemin en dissimulant maladroitement son anxiété. Elle n’est sûre de rien, mais il paraît qu’aujourd’hui ça doit bouger. Alors qu’elle tente de mettre la clé dans la serrure, elle n’a pas le temps d’ouvrir. Bachir se tient derrière la porte, l’attendant de pied ferme. Elle retire son voile et libère ses cheveux, lui délivrant un sourire amical tout en posant une main chaleureuse sur son épaule. Il est bien plus qu’un ami de la famille. Il fait partie de ces personnes qu’on ne peut qu’aimer. 1,90 m de gentillesse et de bienveillance. Il est notre protecteur, il est notre pilier. C’est un oncle, presque un père à mes yeux. Elle a toute confiance en lui, c’est cet homme qui me tient compagnie pendant que maman vide ses comptes en banque.

[br][br]

— Merci d’avoir veillé sur elle.
— Inutile de me remercier… C’est comme ma fille !
— Que Dieu te préserve… Elle va bien ?
— Elle est à côté.

[br][br]

J’entends le bruit de ses pas qui approche. Je vois ma mère débarquer dans le salon plongé dans la pénombre. Les volets sont presque fermés pour conserver une fraîcheur toute relative. J’entrevois une gêne fugace avant de deviner son air affolé et anxieux sur son visage. Je la sens tracassée mais elle ne veut pas m’inquiéter. Lorsque son regard se pose sur moi, j’ai tout de même droit à un sourire éclatant qui, l’espace d’un instant, me fait croire que je n’ai rien à craindre. Puis elle disparaît dans la chambre à coucher. Moi, Zeina, je ne me doute de rien, et sûrement pas de ce que me réserve la vie dans un avenir très proche. Du haut de mes 15 ans, je me contente de parcourir les pages fanées d’un vieux dictionnaire médical. Un exemplaire rongé par le temps que je ne me lasse pas de consulter. Étudier dans mon coin, je n’ai rien de mieux à faire puisque je n’ai plus le droit d’aller en cours et que ce n’est pas près de changer. C’est dommage parce que j’adore apprendre. Il paraît que je suis douée, que j’ai de grandes facilités comme on dit. Alors, je dévore les trésors cachés entre les lignes et me nourris de savoir, c’est comme ça que je passe mes journées. Je regarderais bien la télévision de temps à autre, mais ils ont coupé l’électricité depuis que la guerre fait rage.

[br][br]

Dans la pièce d’à côté, le bruit d’une fermeture Éclair rompt le silence. Puis il y a la respiration de ma mère qui s’accélère alors qu’elle jette nos effets personnels dans un grand sac jaune. J’abandonne mon ouvrage pour passer la tête par la porte et découvrir ce qu’elle fabrique. Bachir insiste sur la décision qu’elle vient de prendre.

[br][br]

— Nour ? Tu es sûre de ce que tu fais ?

[br][br]

En guise de réponse, il n’obtient qu’un regard noir et déterminé, soutenu par l’urgence. Pour boucler le sac posé sur le matelas, elle redouble d’efforts, écrasant le tout avec le genou pour compacter nos affaires.

[br][br]
— Maman ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

[br][br]

Ma mère se fige et retient ses mots. Son œil croise le visage de Bachir avant qu’il ne baisse la tête. Pas de soutien sur le coup. Essoufflée, elle vient vers moi, plaque ses mains sur ses joues avant de les laisser glisser vers le menton, pour déformer le bas de son visage en attendant de mettre des mots sur la vérité. Une vérité qui fait peur. Elle déglutit, puis observe mon oncle une dernière fois avant de me souffler :

[br][br]
— Zeina, ma chérie… On… On va devoir partir.
— Partir ? Partir où ? Pourquoi ?
— Je t’expliquerai en route. Il ne faut pas traîner.
— Mais maman ?
— Tiens-toi prête, j’ai presque terminé.

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Bachir s’appuie contre le mur en croisant les bras, il ne cautionne pas l’idée. Ma mère se remet aussitôt à la tâche, elle veut en finir avec notre paquetage. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. Je ressens seulement l’anxiété et je voudrais qu’elle m’explique, je peux tout entendre.

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— Et on revient quand, maman ?

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Après avoir déposé le sac jaune au pied du lit, elle éponge son front du revers de la main avant de sceller notre destin dans un soupir :

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— On ne reviendra jamais.

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Je lève les yeux en direction de Bachir qui témoigne de son mécontentement. Dépité, il secoue la tête et fronce les sourcils. Moi aussi, j’ai bien envie de les froncer. Je n’ai pas envie de partir d’ici, de quitter ma chambre, mes livres, mes amis. Ma vie. Je ne peux pas m’en aller sur un coup de tête, je ne peux pas renoncer à tout ce qui m’entoure… Qu’est-ce qu’il se passe dehors ?

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Des éclats de voix s’élèvent dans la rue. J’entends des gens affolés. Je m’approche de la fenêtre, une foule compacte se met à courir en direction du nord. Les gens hurlent et se bousculent. Au loin, on entend le bruit d’un moteur à réaction. Un avion déchire le ciel au-dessus de la ville. Un SU‑35 S, un chasseur russe, venu déposer deux bombes sur notre quartier.

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Le souffle de la déflagration projette mon corps désarticulé à travers l’appartement. Comme une poupée cassée que l’on aurait balancée rageusement dix mètres plus loin. Les fenêtres éclatent dans une explosion qui ravage tout. La pierre craque, les murs se fendent, le béton cède et se disloque avec force. Lorsque j’ouvre les yeux, je ne parviens plus à bouger, traumatisée à jamais. Je n’entends plus rien. Autour de moi, les ténèbres. Un nuage de poussière vient d’engloutir toute ma vie. Ma mère est allongée au sol, inerte. Le corps de Bachir est immobilisé sous une cloison arrachée par la puissance de la détonation. Puis le son revient lentement, je perçois au loin, très loin, les sirènes depuis la rue et la symphonie atroce des rescapés qui hurlent.

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Ma mère reprend conscience, puis rampe difficilement vers moi. Premier réflexe de survie : fondre dans ses bras. Les gémissements de Bachir nous replongent dans l’urgence, il faut quitter l’endroit. Mes ongles plantés dans les gravats, je m’acharne, je fais ce que je peux pour aider, j’enlève les débris tant bien que mal. Ma mère s’évertue à pousser et tirer, tant et si bien qu’elle parvient à le dégager.

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Le pauvre Bachir parvient à s’extirper, je crois que sa jambe est touchée. Traces de sang et tissu déchiré au milieu des décombres. Il se tient également le ventre, enfin il me semble. Tout est confus. Tout est poussière. Tout est détruit. Je revois juste ma mère traverser les vestiges de l’appartement, totalement désorientée, à la recherche de son sac à main, alors que les cris de colère gagnent la rue que les Syriens devront déblayer. Des tirs de kalachnikov retentissent dans le quartier. Des rafales aussi fortes que la haine qui nous anime à présent. On maudit les russes. On maudit le régime. Parce que nous… on n’a rien demandé.

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Un horrible craquement précède des éboulements menaçants. Bachir est en train de crier qu’il nous faut sortir sans attendre. La façade est sur le point de s’effondrer. Il attrape ma mère de force et me tire par le bras, avec une poigne décuplée par la peur d’y rester. Elle a tout juste le temps de prendre le sac jaune et son sac à main. Et moi, j’ai tout juste le temps de regarder une dernière fois le désastre. Mon œil se pose sur nos vies pulvérisées au centre d’un salon bombardé, comme pour ne jamais oublier que mon passé est devenu un tas de ruines en moins d’une seconde.

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Lorsque l’on quitte l’appartement, notre balcon cède en partie et s’arrache de l’immeuble, déclenchant une nouvelle vague d’atrocité. Sous les pieds de notre sauveur, le sol tremble et c’est tout le bâtiment qui menace de sombrer. Paniquée à l’idée de mourir ensevelie, je m’accroche à l’instinct de survie, je me cramponne à mon oncle et me laisse guider par sa respiration. On dévale les escaliers aussi vite que possible et je reverrai toujours cette image… Celle de Mahima et de sa bouche ouverte, tombée raide sous les éboulis, le corps transpercé par les structures métalliques de la cage d’escalier.

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Des blocs de béton bloquent le passage. Au prix d’un effort surhumain, Bachir nous sort de l’immeuble. On traverse la rue dévastée dans un brouillard de particules en suspension, au milieu des blessés, au cœur d’une horreur qu’il est difficile de raconter. De la poussière plane au-dessus d’innocents torturés par la perte d’un être cher. Juste en face, le bâtiment s’est affaissé, des monticules de briques et de parpaings laissent entrevoir le pied d’un enfant et la peluche d’un bébé. Les mères bouleversées se brisent la voix dans un appel à l’aide désemparé. Dans cet enfer règnent l’incompréhension, l’injustice d’un conflit, et tout ce qui va rester, ce sont des centaines de cœurs qui saignent. Des gravats, des corps déchiquetés, des destins rayés par dizaine. Une accumulation de sang, de larmes, de rage et de douleur enfle dans le chaos le plus total. On a déchiré des tas centaines de vies et j’assiste à ça… J’y suis, je suis là. Paniquée de la tête au pied, envahie par des larmes indomptables, j’ai du mal à respirer. Un nouvel immeuble s’effondre partiellement durant notre fuite, soulevant une nouvelle brume opaque qui plonge la rue dans le noir et nous aveugle les premières secondes. On suffoque, privés de repères. C’est en boitillant que Bachir nous ramène chez lui presque à tâtons, quelques rues plus loin. Lorsqu’il passe la porte et me dépose sur les dalles de pierre fissurées qui recouvrent la cuisine, il s’écroule en larmes et à bout de force.

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Ma mère se jette alors sur moi pour me prendre dans les bras, histoire de réaliser que nous avons survécu au pire et que nous sommes à l’abri pour un temps. C’est une étreinte qui vient m’apaiser, comme une petite lueur dans l’obscurité, le temps que notre homme fort se ressaisisse et retrouve ses esprits. Assise par terre, chez celui qui vient de nous sauver la vie, maman saisit le bras de Bachir et lui avoue finalement :

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— C’est pour ça que j’ai décidé de partir…
— Comment peuvent-ils nous attaquer comme ça ?
— Nous ne sommes plus en sécurité nulle part. Je suis prête à donner tout ce que j’ai. Il n’y a que la mort ici.
— Mais… Nour… Tu crois que fuir est une solution… ?
— Bachir, écoute-moi ! J’ai payé ta place. Viens avec nous…
— Je… Je ne sais pas si je peux faire ça…
— Ça se passe demain matin. Je veux te sortir de là… Accompagne-nous… Je t’en prie.[br][br]

15 Sep 2016

Après Moi le Déluge : Chapitre 1

Il reste 10 jours avant le lancement. Après-moi le Déluge arrive le 25 Septembre en format Kindle. Il s’agit de mon 7e roman, c’est peut-être le texte qui me ressemble le plus et je suis particulièrement heureux de vous dévoiler aujourd’hui le premier chapitre, histoire de vous plonger dans l’ambiance pour patienter 😉

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Résumé  :[br]

Deux trajectoires, une rencontre. Je ne suis pas quelqu’un de bien, je ne suis pas la bonne personne, elle voulait juste une main tendue, juste un peu d’aide… Ce qu’il y a de pire chez moi, cette gamine enfermée dans le coffre de ma voiture l’ignore. Je me déteste et elle ne sait pas encore à quel point. Je devais mourir, elle voulait vivre. Mauvaise personne, au mauvais endroit, au mauvais moment… Certains appellent ça le Destin… Ce qui va se passer par la suite m’appartient. Ça va tout changer, à jamais.[br][br]

On peut courir pendant des années, s’étourdir, s’enivrer, s’enfoncer dans des mauvais choix ou dans l’illusion d’avoir bien fait. On peut se mentir éternellement mais, quoi qu’il arrive, le passé finit toujours par nous rattraper.[br][br][br][br]

Le fameux soir[br]

Le ciel pourpre s’est retiré au-dessus des pavés du quai de Rive-Neuve depuis un moment déjà, drapant les restaurants face au Vieux-Port d’un voile qui pourrait sentir bon les nuits d’été, si je n’avais pas autant picolé. L’air tiède s’engouffre à travers la vitre comme pour me susurrer que je viens de faire une énorme connerie. La radio est en sourdine, je suis toujours en seconde, on roule au pas au milieu de petits groupes de touristes progressant vers les tables dressées en terrasse sous des stores bordeaux, dans une insouciance paradoxale. Paradoxale, parce que la menace est bien réelle, même s’il est vrai que le cadre peut faire rêver. C’est peut-être ce qui fait le charme de Marseille. Trajet saccadé. On est à l’arrêt, avant de progresser mètre par mètre. J’en profite pour palper du bout des doigts cette plaie qui me lance au niveau de la pommette. Elle ne m’a pas raté. Alors que je cherche à dissimuler les dernières traces de sang sur ma joue, je réalise que je n’ai toujours pas dessoûlé, toujours pas compris ce qui vient de m’arriver. Je ne devrais pas être dans cette caisse, je ne devrais pas être ici ce soir. Je ne devrais même pas être en vie à l’heure qu’il est.[br][br]

Si mes mains moites restent agrippées au volant, c’est surtout pour ne pas trembler. Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Je crois que j’ai perdu le contrôle, j’ai complètement déraillé… Ce qui est certain, c’est que j’ai trop bu et que mes idées sont loin d’être claires. La gorge nouée, le cœur battant à tout rompre, j’ai conscience de ne plus être tout à fait maître de la situation. La véritable question est : Est-ce que je l’ai déjà été ? Un gémissement étouffé, et quelques coups feutrés s’élèvent dans mon dos. Alors j’ajuste le rétroviseur et mon regard fixe la tablette arrière qui tressaute sous des assauts répétés. Je songe à cette môme qui cogne dans le coffre. Perdue, terrifiée, ballottée à l’arrière d’un Scénic fatigué gris métallisé. Je pense à ce qui vient d’arriver et à ce qui nous attend par la suite. J’effleure le cartilage de l’oreille qu’elle vient de m’exploser quelques minutes auparavant. Putain, je me déteste d’avoir fait ça. Elle n’aurait jamais dû me voir. Pas ce soir. Pas comme ça.[br][br]

Ça n’avance toujours pas, et je viens de comprendre pourquoi. L’idée me saute à la gorge, je suffoque. Les flics sont de sortie, ils la cherchent. Les autorités sortent les crocs et ont dressé un barrage le long du Vieux-Port. C’est un foutu contrôle routier, je vais me faire pincer et ils vont la retrouver, c’est sûr. J’ai le souffle court, je commence à paniquer. Je m’arrête et enclenche la marche arrière. Je veux me casser, prendre une autre route et éviter les ennuis. Éclairée par mes feux de recul, la Golf noire aux vitres teintées qui me suit ne bouge pas d’un iota. Ni cette caisse rabaissée ni les dizaines d’autres d’ailleurs. Pare-chocs contre pare-chocs, je ne peux pas faire demi-tour. Je suis contraint et forcé de progresser jusqu’au point de contrôle, comme on se rend à la potence, avec la certitude d’y passer.[br][br]

Les coups de pieds et les cris de la petite reprennent, elle panique. J’explose en une phrase et le calme revient à l’arrière. Ce n’est pas le moment de me les briser. Elle me craint, c’est déjà ça. Avec le stress et les artères dilatées par le rhum, j’ai du mal à penser. Je n’ose imaginer ce qui pourrait se passer si j’étais amené à souffler dans un ballon… Pire, si la gamine décidait de se manifester alors que je suis à l’arrêt et entouré de flics. Les faits ne jouent pas en ma faveur, je traverse la cité phocéenne bien éméché – pour ne pas dire carrément bourré –, avec une enfant dans le coffre. Une gosse qu’ils recherchent. Je ne pourrai pas l’expliquer. Je ne connais même pas son nom. Comment le justifier ? Et quand bien même… qu’est-ce que ça changerait ? [br][br]

Les pulsations s’écrasent contre mon torse alors que je me rapproche inévitablement de la sanction. À vingt mètres devant moi, les agents s’excitent dans des gilets fluo. Des fusils à pompe exhibés et des tronches graves puis sérieuses composent un dispositif musclé. Ils stoppent chaque véhicule d’un mouvement autoritaire à l’aide de lampes torches. Au niveau de l’intersection, mon œil glisse sur la droite et je comprends que je n’ai aucune chance de me faire la belle. Le seul espoir que j’avais pour m’enfuir est entravé par une herse tirée au sol. Je voulais me faufiler par le cours Jean Ballard en me disant que je pourrais leur faire à l’envers, mais ils ont pensé à tout.[br][br]

Il reste deux véhicules devant moi et je n’en mène pas large. En serrant les dents, je rappelle à la petite de ne pas broncher, avant de m’enfoncer dans mon siège. Là, tout de suite, j’aimerais disparaître. Le policier laisse passer le coupé BMW qui me précède et tend sa main d’un mouvement sec pour me stopper. On y est, ils vont me défoncer. L’agent approche de mon côté. Je déglutis difficilement. Ma respiration s’emballe, mon cœur se serre. Je suis sur le point de me liquéfier.[br][br]

Ma vitre se baisse, comme me l’ordonne le policier. Le mec s’apprête à m’aboyer dessus lorsqu’il s’arrête net et fixe du regard la bagnole qui me suit. J’aperçois dans mon rétroviseur les portières de la Golf noire qui s’ouvrent en catastrophe. Quatre jeunes prennent la tangente en courant, sous les yeux médusés des flics. Les mecs des quartiers nord détalent le long du port en se séparant. L’agent posté à mon niveau se met à hurler sur ses collègues afin qu’on intercepte les fuyards. À cette seconde précise, je n’existe plus, je ne l’intéresse plus. D’un nouveau geste de la main, sans même prendre la peine de me regarder, le flic m’indique de poursuivre mon chemin. Il insiste, agacé. Je dois dégager, je ne suis plus une priorité. Toute l’attention est maintenant portée sur les délinquants présumés. Je m’exécute en redémarrant et je me dis qu’il y a une justice, finalement.[br][br]

Le fourgon des poulets est derrière moi, je me sens vide et fragile, même si le pire vient d’être évité. Après avoir longé le quai des Belges, je ne réalise toujours pas. Je fais profil bas, je m’évapore par la Canebière et quitte la ville quelques minutes plus tard pour gagner une zone reculée avec des arbres à perte de vue. Après avoir repéré un coin sombre et tranquille à l’abri des regards, je coupe le moteur et descends de la voiture. Je pose mes mains sur le hayon en réprimant un tremblement qui me rend gauche. Au fond du coffre ouvert, deux grandes billes noires animées par la terreur me dévisagent. La gamine est paumée, sale et épuisée. Et moi, je suis perturbé. On reste là, à se faire face en silence. Puis, dans un soupir, j’avoue à la gosse :

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— Tu dois le savoir… Je devais juste mourir ce soir. Tu comprends ça ?
— Je vous en supplie… Aidez-moi…
— Je devais me foutre en l’air. Juste en finir… Et maintenant… qu’est-ce qu’on fait ?

 

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Ce fameux soir, tout a basculé. Ce fameux soir, j’ai déconné. Gravement. À moins que ce ne soit précisément le contraire…  Je me suis laissé entraîner, sans le savoir, dans un merdier qui va tout changer, à jamais. Comment j’ai pu en arriver là ? À bien y réfléchir, je crois que tout a commencé il y a quelques jours. Pour cette gamine, comme pour moi…

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Lire le chapitre 2

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11 Sep 2016

3600 raisons de vous dire merci

3600, c’est le nombre d’exemplaires vendus depuis le lancement de Harper – 1er Mai dernier, tous formats confondus. L’aventure ne fait que commencer pour ce livre et je me rends compte que je n’ai pas pris le temps de vous remercier. Merci aux lecteurs bien entendu, mais également aux bêta-lecteurs (Damien, Cécile, Emilie, Charlotte… ils se reconnaîtront), ma correctrice, le groupe des mordus de thrillers et mes proches pour leur soutien.  [br][br]

3600, c’est énorme pour un lancement. 3600 en quatre petits mois, c’est très bien pour un auteur indépendant. C’est même parfait. Les scores ne sont pas comparables avec Le Supplément d’âme, mais je suis ravi de l’accueil réservé à ce texte. J’ai reçu 80 avis sur Amazon, des critiques très positives sur Babelio ainsi que dans diverses chroniques. Alors ce ne sont que des chiffres, et les chiffres je n’aime pas ça… mais cela permet de se faire une idée du chemin parcouru depuis Un jour d’Avance et Kraft et à titre personnel ça replace ma gratitude au premier plan. J’ai une chance incroyable d’avoir croisé votre route. [br][br]

Le 21 septembre (si je ne raconte pas n’importe quoi), Amazon devrait annoncer le nom des lauréats pour le concours « Les plumes francophones ». Je ne me fais pas d’illusion, des bruits de couloirs ne me laissent que peu d’espoir, mais ce n’est pas important. Bien entendu, je n’ai pas participé avec l’intention de perdre, mais ce n’est pas la priorité. La priorité maintenant c’est l’arrivée de mon prochain bébé Après moi le déluge. Je suis très heureux de ce nouveau texte, j’adore mes personnages et cette histoire me plaît. En attendant la sortie au format numérique (le 25 septembre), je posterai quelques extraits avec les premiers chapitres.[br][br]

Encore merci à tous 🙂

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Harper est en promotion jusqu’au  4 octobre à 1.49€ au format Kindle.

11 Sep 2016

La fonction « Suivre un auteur » sur Amazon

Si j’utilise régulièrement Amazon de « l’autre côté de la barrière » en tant qu’auteur indépendant, je découvre encore certaines choses en l’utilisant comme un lecteur. Aujourd’hui je vous parle d’une fonctionnalité que je trouve particulièrement intéressante : la possibilité de suivre ses auteurs favoris. Un clic suffit, c’est parti.

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C’est en discutant sur un groupe secret sur Facebook (oui, les auteurs indés ont une sorte de club privé dans lequel on échange pas mal d’infos et de réflexions autour de notre activité… 🙂 ) que j’ai appris qu’un simple bouton permettait de suivre un auteur sur amazon. Si certains d’entre vous utilisent déjà la fonctionnalité, il n’y a rien à apprendre de cet article, pour les autres, comme moi… Il s’agit d’une approche intéressante.  Je tiens à remercier l’auteur Alan Spade pour son éclairage sur la question. Je vous invite à jeter un oeil sur son blog, au passage. [br][br]

Imaginez… vous venez de découvrir une perle, une petite pépite dénichée sur Amazon en Kindle ou au format broché. Vous avez la révélation, le coup de cœur ! L’auteur en question vient de vous secouer avec ses mots et ses couleurs… Bref, vous ne voulez pas manquer ses prochaines sorties, mieux, vous souhaitez peut-être découvrir d’autres talents qui ont la même sensibilité…. Et bien il est possible de suivre cet auteur et de recevoir des suggestions personnalisées avec un simple clic. Comment faire ?[br][br]

Tout d’abord, il faut se rendre sur la page de l’auteur par exemple : https://www.amazon.fr/Matthieu-Biasotto/e/B00KBO6PY0/ Il est possible de trouver la page de l’auteur depuis la fiche descriptive d’un livre ou en saisissant directement le nom de l’auteur dans le moteur de recherche sur le site. A gauche, sous la photo de votre coup de cœur, il y a le fameux bouton « Suivre + »[br][br]

suivre_sur_amazonLe bouton « + Suivre  » d’amazon

Il ne reste qu’à surveiller vos notifications et vos e-mails afin de ne rien rater de votre auteur préféré. Amazon propose également d’améliorer votre expérience en suggérant des titres ou des talents similaires. Personnellement, je trouve le concept assez sympa car tout le monde y gagne. Si le lecteur découvre par affinité de nouveaux livres, l’auteur indépendant va bénéficier d’une meilleure visibilité à chaque nouvelle sortie à partir d’un geste simple.[br][br]

Vous savez ce qu’il vous reste à faire ? Foncez sur vos auteurs fétiches, les grands comme les petits pour les suivre à présent.  🙂 [br][br]

En vous souhaitant une belle journée. Prenez soin de vous. [br][br]

 

 

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