Blog

11 Jan 2019

Uppercut

Uppercut

Pas le temps de lire en ligne ? Tu préfères la version liseuse ? Tu peux recevoir Uppercut gratuitement par email en cliquant ici. 

1/4

Sous un écran géant, en ce soir de décembre, des spots balayent la nuit et ravivent la ferveur d’une marée humaine plongée dans le noir. Des anonymes déchaînés vibrent pour les ombres qui se défient au centre de la lumière crue, pas de cadeau, pas de quartier. Des rangées de cordes, sept mètres carrés de sang et de sueur, le monde entier braque son regard sur l’arène et retient son souffle. 3e reprise. Portés par la clameur de la foule, les deux corps affûtés reprennent les hostilités. Deux styles très différents s’opposent : l’un bouillonne, il subit et l’autre est impassible, il domine.

Jørgen Nielsen est encore frais, contrairement à sa proie dont la peau chocolat est sérieusement abîmée par les poings du scandinave. 2m06, une allonge phénoménale, Jørgen est une machine, il ne tremble jamais. Et ce n’est pas près de changer, même si son adversaire – Aukley Harris – est un client sérieux chez les poids lourds.

Dans les gradins, les pronostics vont bon train, Aukley est le favori bien qu’il ait mis un genou à terre durant le premier round. Cependant, rien n’est joué : ses gants touchent souvent au bon endroit, ce pur produit de Brooklyn est loin d’être un débutant. Face à lui, en dépit des attaques dans les côtes et quelques directs du droit encaissés, Jørgen, surnommé l’Ours, reste implacable, froid, sans aucune expression sur le visage. Les commentateurs sont unanimes, ce grand Viking au dos intégralement tatoué à l’effigie d’Inghen Ruaidh – la « fille rouge » – ne démérite pas face au tenant du titre. Il a sans doute un avenir tout tracé et offre aux spectateurs un affrontement des plus passionnants.

Après une série de crochets et d’esquives, le ton se durcit. Le noir se mêle au blanc, les torses luisants et à bout de souffle se plaquent et s’enserrent dans un ultime corps à corps visant à se neutraliser, le temps de respirer. L’arbitre les sépare, et le dernier acte se profile. Nielsen brise une première fois la garde de Harris. L’immense guerrier barbu le pousse dans les cordes et le contient dans l’angle. Le black balèze à l’arcade amochée riposte, mais il est acculé.

Chaque impact sur sa peau sonne comme un coup de feu. Aukley se protège sous un déluge meurtrier, tandis que Jørgen frappe encore et encore. Sans le moindre scrupule, sans une once de sentiment, il réduit la figure de l’autre en bouillie. L’Ours décoche son puissant poing gauche qui vient s’écraser contre la jugulaire de son ennemi. La trachée s’écrase. Projection de transpiration. Le regard vacille. Un nouveau contact claque sur la tempe dans une violence inouïe. Crochet du droit. Puis un autre en pleine figure. Éclat de rouge, le public retient un cri de stupeur. S’en suit un son lourd, la foudre s’abat au cœur du palais des sports. Aukley est au tapis, les yeux révulsés, sous les flashs des photographes qui le mitraillent au bord du ring. L’arbitre compte, dix secondes écoulées, c’est la fin. Une étoile est en train de sombrer dans l’oubli tandis qu’une autre vient de naître. Jørgen Nielsen est sacré champion du monde WBA.

Cette vidéo mythique, le jeune Mathias Koegün ne se lasse pas de la visionner et lorsqu’il déambule sur les trottoirs du centre-ville d’Aalborg sous un ciel bas et gris, il a le nez rivé sur YouTube via son mobile. Rasant les immeubles de briques rouges et la devanture verte de l’enseigne « Kiwi Mini Pris », ce jeune, aussi frêle que plein d’espoir, cherche en quelques clics à en apprendre plus à propos du boxeur hors normes, et c’est Wikipédia qui lui en dévoile davantage.

À en croire l’encyclopédie en ligne, la ceinture WBA est la première d’une longue série pour l’Ours. L’année suivante, Jørgen a broyé Konstantin Krishtov en un seul round. Le prodige russe, invaincu jusqu’ici, s’est étalé, la mâchoire fracturée par un géant barbu à peine essoufflé. Une fois le titre de la fédération WBC remporté haut la main, la liste des surnoms pour désigner le phénomène Nielsen s’allonge : le Grizzly, Thor, le Viking. Quelques mois plus tard, le protège-dent intact et les muscles plus secs que jamais, Jørgen brandit la ceinture WBO en envoyant à l’hôpital Alonso Muffrey avec une commotion cérébrale.

— Oh, gamin ! Regarde où tu mets les pieds !

À l’angle du boulevard Vesterbro, Mathias s’excuse auprès d’un passant à l’épaule endolorie qu’il vient de percuter, trop absorbé par sa lecture. Il ajuste la lanière de son sac de sport et replonge dans les articles qu’il trouve sur le web, tout en pressant le pas.

D’après certains blogs, c’est en étant couronné champion super-lourd en IBF, que le puncheur rencontre ses premiers détracteurs. Les avis divergent sur le comportement de l’immense sportif ; son coup de tête rageur a fait couler beaucoup d’encre lors d’un combat à Phoenix. La presse débat sur les agissements d’un lutteur qui ne recule devant rien en dépit des victoires remportées généralement avec panache. Sanctionné à Las Vegas pour avoir ignoré les injonctions de l’arbitre, le Viking adulé n’hésite pas à cogner sous la ceinture, mais ce n’est pas ce qui lui a causé le plus de tort.

Non, c’est à Cardiff que ses admirateurs découvrent la véritable nature de Jørgen Nielsen. Quand Razor Lumpas, l’autre terreur de la catégorie-reine, remet sa ceinture en jeu. Beaucoup de brutalité sur le ring, une intensité rare. Finalement, l’Ours à l’apogée de son art a dérapé. Arracher un morceau d’oreille à son adversaire, façon Mike Tyson contre Holyfield, après l’avoir massacré à terre devant un arbitre et des juges bien incapables de l’arrêter est un geste qui va suivre Nielsen pendant des années. Une victoire entachée par une attitude discutable que les médias se sont empressés de relayer.

Décrié, starifié, on l’aime ou on le déteste. Pour ses frasques, pour ses 48 victoires par K.O. Jørgen Nielsen divise, mais ses admirateurs lui portent un soutien indéfectible. Quoiqu’il arrive et quoiqu’on en dise, Jørgen Nielsen est une icône incontestable de la boxe anglaise. En revanche, s’il a marqué l’histoire, personne ne connaît les raisons qui l’ont poussé à arrêter brutalement sa carrière.

Pas le temps de lire en ligne ? Tu préfères la version liseuse ? Tu peux recevoir Uppercut gratuitement par email en cliquant ici. 

 

2/4

Mathias range son mobile et déglutit, le cœur battant. Il se sent tout petit devant l’entrée de la salle d’entraînement. Si le monde s’est peu à peu détourné du grand Jørgen Nielsen, les gens du coin savent qu’il enseigne la boxe ici, dans la région de Jutland et plus particulièrement à Aalborg, la troisième ville du pays, derrière ces portes qui ne payent pas de mine. Fébrile et en même temps très heureux, l’adolescent rêve de rencontrer le monstre sacré, de suivre son premier cours et pourquoi pas, les traces de son modèle.

Arrivé dans l’antre du Viking, le gamin est à la fois surpris et déçu. On sent l’odeur de l’effort, toute l’énergie et la souffrance qui imprègnent les murs de béton brut, et d’un autre côté… l’ambiance qui règne dans la pièce vide sème le trouble chez l’ado. Un ring austère, des sacs de frappe alignés dans la lueur de vieux spots industriels. Du parquet, des cordes à sauter, des gants usés et un vieux type qui s’apprête à éteindre le gymnase.

— Bo… Bonjour. Excusez-moi ?
— On ferme, gamin !
— Je cherche Monsieur Nielsen. Je voudrais m’inscrire.

La voix un peu aiguë du gringalet se perd dans l’espace. Sans prendre la peine de se retourner, l’homme lui répond de revenir un peu plus tard. Barry n’est que le préparateur sportif, l’ancien coach de Jørgen, et visiblement, l’Ours ne peut pas le recevoir.

— Il doit partir. Repasse ce soir.

La déception est palpable, Mathias bat en retraite, bredouille. La porte du bureau de l’autre côté du ring s’ouvre et, sur le seuil, une montagne de muscles se dessine sous le regard curieux de l’apprenti boxeur. Émerveillé, le gosse reste planté devant la sortie, en apercevant la silhouette de l’impressionnant Viking. Si Jørgen a raccroché et que sa barbe a bien poussé, sa musculature est à la hauteur de sa réputation. Les cheveux longs et roux attachés en chignon, l’Ours enfile une veste avant de quitter sa tanière.

— Monsieur Nielsen ?

Un grognement en guise de réplique, l’ex-champion semble emprunter des escaliers menant à une mezzanine. Le grand Nielsen habite juste au-dessus de sa salle, il doit probablement vivre « boxe », manger « boxe », dormir « boxe ». Mathias n’en revient pas, il a des étoiles plein les yeux. Depuis l’étage, le Viking interroge le jeune visiteur.

— Qu’est-ce que tu veux, petit ?
— C’est… ça serait pour m’inscrire.

Celui qu’on surnommait autrefois Thor regagne le rez-de-chaussée, longe le ring, et lance les clés de la boutique à son ami Barry. Après un coup d’œil sceptique sur le candidat frêle et pas vraiment taillé pour la fureur des poings, Jørgen lui répond de revenir pour un cours d’essai dans la soirée.

— Merci M’sieur. Et pour le dossier ?
— On verra ce soir. Je suis pressé.
— Euh… Encore une petite chose…
— Quoi ? Je suis en retard !

Mathias bégaye de trouille devant la brute épaisse, mais parvient tout de même à trouver le courage de demander un selfie avec la « star ». 30 cm d’écart, 60 kg de différence, le champion à la retraite n’est pas d’humeur, mais se prête à l’exercice. Pas facile de cadrer la photo, c’est dans la boite. Sans rien ajouter de plus, Jørgen quitte la salle pour prendre sa voiture. Même dans son gros 4×4, sa carcasse est imposante, pourtant il ne semble plus aussi sûr de lui. Il y a bien longtemps qu’il n’a pas eu un rendez-vous si important. Lorsqu’il rejoint le parking du restaurant Duus Vinkjælder, un fan le reconnaît et lui réclame un autographe devant l’établissement réputé. Le scandinave lorgne sa montre et signe sans broncher. Après tout, les admirateurs sont de moins en moins nombreux, et bientôt, viendra le jour où plus personne ne lui demandera la moindre image ou la moindre dédicace.

L’air frais s’engouffre en même temps que le Grizzly dans la taverne. La lumière tamisée des bougies sublime les voûtes de vieilles pierres ornées d’armes blanches et de boucliers en bois. Dans cette ambiance d’une autre époque, on propose les meilleures bières danoises et des plats aussi copieux que savoureux à des Vikings de toutes sortes. Accueilli par une ravissante serveuse qui ne ménage pas sa peine pour se montrer avenante, Jørgen est conduit à la table qui lui est réservée juste à côté de vieux fûts en chêne. La petite brune tirée à quatre épingles le trouve tout à fait à son goût et regrette probablement de croiser le séduisant barbare en service. Un joli sourire aux lèvres, la jeune femme lui désigne sa place, et tout champion qu’il est, Jørgen Nielsen n’en mène pas large en posant les yeux sur son hôte.

— Papa… jamais à l’heure, ça ne change pas.
— J’ai été retenu.
— J’ai cru que tu ne viendrais pas…
— Je suis là, c’est le principal, non ?

Assis bien droit, un demi de bière déjà bien entamé dans la main, Tobias Nielsen déplore le manque de ponctualité de son père. Après deux ans sans s’être adressé un seul mot suite à une querelle familiale, être à l’heure lui semble être une politesse élémentaire. De sa grosse voix, le Viking dompte son malaise et se ressaisit immédiatement pour engager le dialogue.

— T’as l’air en forme. Sympa le costume.

Silence de son fils. Le géant prend position sur sa petite chaise de bois.

— Pourquoi tu regardes ta montre toutes les 30 secondes ?
— Pour rien, ce n’est pas grave. Tu veux une mousse ?

Pas le temps de s’attarder sur la question, Tobias interpelle la séduisante brune pour passer commande, de la Thagaard de préférence. Un blanc immense s’installe, si Jørgen est doué pour distribuer des coups, il ne brille pas par son sens de la conversation. Alors, son fils cherche à briser la glace.

— Et ta salle ? Ça marche ? Tu as beaucoup d’élèves ?
— On est là pour quoi exactement, Tobias ?

La bière est servie, le géant se précipite sur sa pinte. Il aurait préféré quelque chose de plus fort, mais il en descend la moitié d’un coup avant que son fils ne se lance.

— Détends-toi, je t’ai fait venir pour une bonne nouvelle. Enfin, je crois.
— Une bonne nouvelle ?

Le nez dans sa chope, le Viking absorbe une nouvelle gorgée en réalisant que son gamin lui ressemble de plus en plus, la carrure en moins. Tobias lance un regard inquiet vers l’entrée du restaurant, puis il se jette à l’eau.

— Je vais me marier, papa.

L’Ours reprend une lampée et opine de la tête.

— C’est bien. Quand ça ?
— Dans 15 jours. Je voudrais que tu sois là. J’ai pensé que…

Nouveau signe, les mots restent coincés avec le houblon. Le boxeur se redresse, content de l’invitation, de ce premier pas en avant. Renouer, c’est tout ce qui compte, même s’il ne parvient pas à l’exprimer clairement. De sa poigne de fer, il s’empare de la bouteille et les ressert.

— Et je la connais ?
— Vous vous êtes déjà croisés, il me semble.
— C’est qui ?
— Je ne voulais pas l’annoncer seul…

Une ombre en petite chemise et pantalon à pinces se glisse le long de la table. Un homme, fin, élancé, brun et aux yeux très noirs se poste à côté de Tobias et s’excuse pour le retard avant de l’embrasser tendrement. Puis il sourit et tend la main à Jørgen qui se fige avec son demi au bord des lèvres.

— Papa, j’ai demandé la main de Jeppe. Le meilleur kiné de toute la ville. Enfin… Le meilleur, surtout le plus charmant.

Plus de 50 combats, pas une seule défaite. Et c’est son fils qui le met le K.O.

— Tu ne dis rien, papa ? ça ne va pas ?

Plus aucune expression sur le visage. La surprise est intolérable. Les biceps sous la veste du boxeur sont prêts à craquer. Son poing se serre, il explose le verre dans sa main.

— Papa ?

Sans un mot, la paume en sang, le grand Nielsen recule bruyamment sa chaise et se déplie en fusillant les deux autres du regard. Il peut encaisser bien des coups, mais pas celui-ci. Il n’y a rien à ajouter, l’Ours préfère partir avant de devenir franchement violent.

Pas le temps de lire en ligne ? Tu préfères la version liseuse ? Tu peux recevoir Uppercut gratuitement par email en cliquant ici. 

 

3/4

 

Les âmes éreintées ont quitté le ring depuis un petit moment déjà, la pièce pue l’entraînement à plein nez, et les cours du soir sont terminés. Les élèves ont bien ramassé, il faut bien que quelqu’un trinque. Dans son antre, Jørgen bande méticuleusement ses mains. Un geste mille fois répété, mais rarement avec autant de rancœur. Pas moyen de s’apaiser depuis l’annonce du restaurant. Lorsque cette rage bouillonne au fond de lui et qu’il est sur le point de tout casser, la seule réponse adaptée est de boxer. C’est sa manière de s’exprimer, c’est tout ce qu’il lui reste. Sauter à la corde à s’en brûler les mollets et les poignets, frapper dans un sac au point de l’éclater, cogner sur les boucliers de Barry pour expulser toute la colère qu’il en a en lui : le programme de la soirée est simple, il faut que ça sorte.

L’Ours martèle sans relâche, l’échine courbée, le regard assassin et le punch rebelle. Le fidèle Barry résiste derrière ses gros coussins, il est comme un père pour le Viking et le pousse à se défouler. C’est toujours mieux que de le voir se détruire.

— Voilà, ne lâche rien. Encore ! Encore Jørgen !

Sans un mot, sans faiblir, l’ancien champion assène une ruée de coups qui résonnent dans la nuit. Malgré les protections, le vieil entraîneur a bien du mal à tenir debout tant les assauts sont répétés et puissants. En réaction au bonheur de son fils, la fureur de Nielsen est impressionnante. Cet homme élevé à la dure et malmené par la vie ne sait pas gérer ses sentiments autrement qu’avec les poings. Entre deux séries de directs brutaux, le coach aux cheveux gris trouve le bon moment pour entamer la discussion.

— Qu’est-ce qu’en pense Shana ?

Thor reprend son souffle et grogne simplement que son ex-femme n’a pas à s’en mêler. Il écrase ses gants l’un contre l’autre, effleure son nez et la transpiration qui perle avant de cogner de plus belle jusqu’à épuisement. Ou plus précisément, jusqu’à ce que son coude l’empêche de poursuivre. Une blessure qu’il se traîne depuis un bail, lui rappelant ses propres limites.

— Jørgen, c’est ton môme… Réfléchis… On n’a qu’une vie.

Le guerrier à la barbe rousse renifle puis cesse le feu à cause de la vive décharge dans l’articulation. Il arrache avec ses dents l’adhésif de sa paire de Venum, qu’il balance rageusement à ses pieds. Son torse se gonfle une bonne fois pour toutes, entre regrets pudiques et obstination masculine.

— C’est tout réfléchi, Barry.

L’armoire à glace jette l’éponge, sa tendinite lancinante signe la fin de l’exutoire et la légende n’a toujours pas trouvé la paix. Dans un coin de la salle, depuis le bureau, on perçoit son téléphone qui sonne encore et encore, prenant le pas sur sa respiration bruyante. Il s’agit probablement de Tobias qui cherche à en remettre une couche ou à arrondir les angles. Les 120 kilos de muscles franchissent les cordes et quittent le ring, accompagnés des conseils d’un vieil ami qui l’a porté au sommet :

— Si tu veux mon avis, rappelle-le. Un mariage, ce n’est pas rien. On n’a qu’un père et tu n’as qu’un fils.

C’est une bête blessée qui adresse un regard noir au vieux Barry.

— Je peux pas l’accepter. Ne cherche pas à me convaincre.

Les bras en feu, le coude douloureux et le cœur sombre, le roi des poids lourds s’éloigne vers le bureau et dans son dos, les sages paroles s’élèvent au-dessus du ring.

— Jørgen, la dernière fois que tu étais dans cet état… tu as salement déconné. N’agis pas sur un coup de tête, ne fais pas tout foirer ! Jørgen ! Tu m’entends ?

Dans le modeste espace de travail du colosse à la retraite, le mobile insiste à côté de la paperasse et du dossier du petit Mathias. Ce gosse est taillé comme une danseuse, mais il en veut. La boxe est ainsi, elle forme, elle façonne, rien n’est écrit à l’avance. La boxe donne la chance à ceux qui le méritent, elle se fiche pas mal des apparences. Même si ce gringalet n’a aucune prédisposition, un jour peut-être, il décrochera un titre chez les poids plumes. Il suffit d’être aligné avec soi-même, de défendre férocement son rêve, le combat d’une vie. La montagne de muscles observe la fiche d’inscription, s’éponge le front tandis que Barry rapplique derrière lui et ne lâche pas le morceau.

— Jørgen, je refuse de te voir tout détruire en restant les bras croisés. Pas deux fois, ne compte pas sur moi ! Fais un pas vers lui, prends un peu sur toi.

Cédant à la raison, il s’empare de son téléphone avec sa poigne de fer. Un SMS de Tobias, qui ne comprend pas une telle réaction, partage sa peine, il lui indique tout de même la date de la cérémonie en espérant le voir le jour J. Le Viking ne décolère pas, repenser à ce foutu mariage avec ce kiné envoie tous les arguments de Barry au tapis.

— Hors de question que j’assiste à cette union.
— Tu sais que je te soutiendrai toujours, mais là… Merde, Jørgen ! T’as divorcé, t’as stoppé ta carrière ! T’es en train de tout perdre !
— Sors d’ici.

La figure burinée du vieux coach marque la stupeur et l’incompréhension devant un tel entêtement. Le virtuose du K.O. est habituellement obtus, plein de certitudes. Mais ce soir particulièrement, il se montre bête comme ses pieds.

— Ne joue pas au con. C’est ton fils. C’est tout ce que j’ai à dire et c’est tout ce qui compte.
— Dehors !

C’est un ogre sanguinaire qui rugit, repousse son seul ami et claque la porte pour s’isoler avant de la défoncer d’un coup de poing monumental. Dans sa cage, l’animal pris au piège de sa colère retourne littéralement le bureau. Le Grizzly saccage tout ce qui l’entoure. Au nom de sa carrière brisée, de son ex-femme laissée pour compte et de son fils gay, il libère le fauve et sème le chaos.  De l’autre côté de la porte, au milieu du vacarme, le murmure de la sagesse perce tout de même l’armure.

— Cogne aussi fort que tu peux. Hurle si tu le veux. Mais tu ne pourras pas l’empêcher. Ta place est près de ton gosse. Que tu le veuilles ou non.

 

 

4/4

Recouvrant le torse congestionné par des heures de pompes, de développés couchés et des milliers de coups haineux balancés sur le punching-ball, la chemise est prête à craquer. Le Viking se glisse à contrecœur dans un gilet bleu et sa veste assortie, taillés sur mesure pour l’occasion aux dimensions de l’ancien champion. Boutons de manchette, nœud papillon, des larmes sur les joues et du sang sur les phalanges. Foutu faire-part à la con. Dans le reflet brisé en étoile du miroir qu’il vient d’exploser, Jørgen ne parvient pas à accepter l’idée. Le mariage est pour aujourd’hui et il en a la nausée.

Sur le parvis de la Budofi Church, une foule dense d’invités progresse dans le sillage de Tobias et Jeppe. Les deux amants sont superbes, tout sourire et d’une élégance folle. Ici, comme dans beaucoup de pays nordiques, même Dieu n’a aucun problème devant deux hommes qui s’aiment. Accompagné d’un concert de cloches divines, le cortège s’engouffre dans l’édifice de pierres blanches. Dans la lumière mordorée et les fleurs, chacun est ravi d’être témoin de cette union sincère. À l’exception du boxeur, qui se trouve bien incapable de descendre les marches et de jouer la comédie. Dehors, en proie à une crise existentielle sans précédent, il étouffe dans son complet et dédaigne assister à la scène. Ça le terrifie parce qu’il se connaît et il va péter un plomb.

Assis sur un banc à proximité de la bâtisse, et même s’il est venu pour son fils, Jørgen refuse qu’on l’approche. Quelques membres de la famille, inquiets de voir le géant dans cet état, hésitent à lui parler. Et pour cause, on ne vient pas titiller un ours qui souffre. À l’intérieur, la voix du prêtre résonne sous les voûtes claires et les dorures. Tandis qu’il officie au micro, une silhouette fluette perchée sur des talons regagne l’air libre et foule le pavé d’une démarche contrariée.

— Jørgen, tu ne viens pas ? On t’attend !
— Shana, laisse-moi.
— J’y crois pas, tu pleures ?
— Fous-moi la paix.

Blonde, très mince au décolleté ridé par une vie plutôt nocturne et mouvementée, l’ex-femme du champion reste la seule à ne pas le craindre, et aujourd’hui particulièrement, elle se poste en tant que mère et compte bien ramener les 120 kg de muscles à la raison.

— Tu vas me faire le plaisir de respirer un grand coup, de quitter ce banc et d’entrer dans l’église. Pour ton fils.
— Je peux pas. Tu m’en demandes trop.

Se heurtant à l’obstination du Viking, elle s’allume une cigarette et cherche à lui ouvrir les yeux.

—On a sacrifié notre vie pour la boxe. On a d’ailleurs toujours tout sacrifié pour toi.
— Shana…
— Tes ceintures et tes titres nous ont coûté notre mariage.

Les dents serrées, à la recherche de sa dignité, il se redresse, se lève et plonge les mains dans ses poches et rétorque.

— C’est faux. Tu le sais très bien. Je vais partir, c’est mieux.
— Partir ? Tu n’as jamais essuyé une seule défaite, et aujourd’hui, tu te dégonfles ?

Touché dans sa virilité Jørgen passe ses doigts dans la barbe et fait craquer sa nuque d’un mouvement de la tête. Il n’a jamais eu peur de personne ni de rien. Ou presque.

— Je suis venu, OK ? Je refuse d’y assister, c’est tout.
— C’est important. Laisse ta fierté aux vestiaires, juste une fois.

Quand il est dans un tel état, elle est la seule personne sur terre à pouvoir lui toucher l’épaule sans y risquer son intégrité physique.

— Comporte-toi en homme, c’est tout ce que je te demande.

Shana expire une dernière bouffée et abandonne le grand costaud à son cas de conscience au milieu des volutes blanches. Lui qui a tout gagné, vaincu les plus redoutables adversaires, il ne lui reste qu’un seul combat à remporter : entrer dans cette église et faire face.

Lorsque la montagne de plus de deux mètres se dresse entre les rangées délicatement décorées qui mènent à l’autel, tout le monde retient son souffle. Devant le prêtre, les futurs mariés se figent tandis que le pas lourd de Jørgen fend la nef et les travées. Il a si souvent traversé la foule dans son peignoir, si souvent affronté les regards des spectateurs jusqu’aux abords du ring, cependant… cette fois, c’est très différent. Sous ses allures de barbare en costume trois-pièces, il remonte l’allée principale jusqu’au chœur et croise l’œil inquisiteur de son ex.

Tobias Nielsen, intrigué en voyant enfin son père, affiche un demi-sourire. Puis il se pétrifie lorsqu’il comprend que papa ne va pas prendre place sagement à la première rangée. Non, Jørgen avance vers son fils et le kiné. Devant l’assemblée médusée, l’ancien boxeur écarte son garçon en s’excusant platement. Ensuite, le visage grave, il saisit fermement Jeppe par les épaules.

— J’voulais pas m’en mêler. J’voulais même pas rentrer.
—Jørgen ?
— Écoute-moi, je ne vais pas le dire deux fois…
— Ce… Ce n’est pas le moment…
— Il paraît que je dois me comporter en homme, alors regarde-moi bien…

Des chuchotements s’élèvent entre les colonnes immaculées de l’église, le malaise plane. On redoute que le caractère volcanique de Jørgen n’engendre une rixe devant le Tout Puissant. Le kiné très réputé se décompose, il semble si menu entre les pattes de l’ours.

— J’ai arrêté la boxe pour toi. J’ai divorcé pour toi. Qu’est-ce que tu me fais, putain ?
— On devrait… C’est… c’est terriblement gênant.
— Tu t’es occupé de ma blessure au coude pendant des mois et tu as pris mon cœur. L’homme de ta vie, c’est moi.

– UPPERCUT –

 

Comment trouves-tu ce texte ?
  • J'adore !
  • J'aime bien
  • Je ne sais pas
  • J'ai du mal
  • Je n'aime pas
Poll Options are limited because JavaScript is disabled in your browser.

 

Merci d’avoir pris le temps de me lire jusqu’au bout. J’espère que le texte a réussi à te séduire et que cette lecture te donne l’envie d’en découvrir davantage. Tu peux télécharger gratuitement une petite nouvelle surprenante à lire sur Liseuse (Kindle, Kobo ou autres modèles) ou sur mobile, tablette et PC.  Tu peux aussi découvrir carrément mon intégrale numérique (13 livres).

 

09 Jan 2019

Carnet de route #2

Hey, j’espère que tu vas bien, mon cher lecteur 😉 La dinde est digérée, mon foie retrouve une activité normale et les petits monstres reprennent l’école : c’est l’heure pour moi de te souhaiter le meilleur pour 2019. À commencer par la réalisation de tes rêves, il n’y a rien de plus important à mes yeux. 10 Janvier, je reprends enfin mes activités. Je reviens après mon Carnet de route #1 avec 2-3 kilos à perdre, mais surtout avec un paquet d’idées pour cette nouvelle année.

Le prochain livre

Durant les fêtes, et depuis la sortie de 72H, j’avance sur mon nouveau projet et je dois dire que la masse de travail est énorme. Comme d’habitude, je tente d’aller plus loin avec cette nouvelle histoire (sinon ça ne serait pas drôle), sauf que je me fixe un nouvel objectif, cette fois. J’ai à cœur de tisser une intrigue toujours plus intense et addictive, mais je tiens particulièrement à laisser suffisamment de place à mes personnages. Avec un peu de recul, le compte à rebours de 72H écrase légèrement Nathalie et toute la troupe. Alors, cette fois, j’ai l’ambition d’apporter la même vitesse, tout en trouvant le bon compromis afin que mes très chers amis de papier s’épanouissent et révèlent tout leur potentiel au fil des pages.

Ah oui, j’ai oublié de te dire : changement de programme, ce n’est plus un huis clos. Ça arrive, c’est ainsi. L’histoire m’impose d’elle-même un cadre plus large pour fonctionner. Voilà pour les grandes lignes. Alors, où j’en suis exactement ? Les recherches sont bouclées, le travail préparatoire est presque terminé, il me reste à finir la chronologie complète avant de tordre la ligne du temps à ma guise. Une fois cette étape validée, je vais pouvoir tisser mes scènes avant de véritablement me lancer. Je dois procéder par étape, car plusieurs trajectoires s’entremêlent et j’ai besoin de savoir précisément où je vais.

Pour la première fois, j’ai déjà écrit quelque chose comme 40 000 mots, et pourtant, je n’ai pas sorti une seule ligne à proprement parler – ni même le début du moindre chapitre. J’ai volontairement décidé de creuser en profondeur chaque personnage, de bétonner l’univers de l’histoire et d’étoffer mon plan avant de me lancer. Tout le contexte est généré, j’ai la texture, le grain de mon histoire et tous les ingrédients, je vais pouvoir mettre le tout en musique très bientôt.

Je ne te cache pas qu’il y a eu des petits doutes, une période où je me suis dit que j’avais les yeux plus gros que le ventre. Mais avec un peu de passion et de l’organisation, on élimine tous les obstacles. L’organisation, justement, il m’en faut… C’est une condition préalable pour travailler sur une histoire aussi riche, surtout pour un éternel bordélique comme moi. Heureusement, je touche presque au but et ce que j’entrevois me plaît. Je vais donc attaquer concrètement l’écriture sous quelques jours.

Ce ne sont pas des lignes de codes, chaque couleur est affectée à une ligne narrative (celle d’un personnage en particulier).

Coup d’œil vers le futur…

2019, c’est aussi l’année d’une profonde réflexion sur la manière de vivre de mes histoires, j’amorce un vrai travail de fond. Je vais continuer l’écriture bien entendu, cependant, j’ai envie d’aider les autres, j’ai besoin de faire autrement, d’aller plus loin… quelque chose mijote et j’ai des projets plein la tête. L’apparition de nouvelles règles du jeu et quelques contraintes viennent définir les nouveaux contours de l’autoédition pour les années à venir… Je m’aperçois que la révolution digitale impose des changements de plus en plus rapides et qu’il ne faut plus se contenter de suivre la cadence sous peine de « survivre », mais anticiper les tendances pour vraiment s’épanouir.

Prise de recul durant mes congés, j’ai essayé de mettre les choses à plat pour en faire ressortir les perspectives en m’empiffrant de Ferrero Rochers. Essayer de marcher là où il n’y a pas de trace, expérimenter et avancer autrement : ça, c’est le grand défi que je m’impose pour cette année.(Et arrêter de grignoter)

Je t’en ai parlé il y a quelque temps, je veux faire de mon site le prolongement de ton expérience de lecture, je souhaite l’utiliser comme un support social, un véritable lien entre toi et moi. Je réfléchis à la publication d’histoires où tu peux directement commenter mes chapitres avec les autres lecteurs et interagir. Ainsi, mon cher lecteur, tu ne lis plus tout seul dans ton coin, mais tu embrasses une vraie démarche commune où tes affinités peuvent nous enrichir, où tes goûts et tes ressentis nourrissent la communauté. Sur le papier, ça me semble génial. Enfin, sur le papier… tout ça, c’est 100% numérique. Reste à savoir comment le concrétiser et surtout… reste à savoir ce que tu en penses.

Première petite question.

Ne bouge pas, je me fais un café, je m’allume une clope et je t’explique. Je rêve d’une lecture sociale, c’est ça le terme. Une expérience stimulante provoquée par la lecture et les interactions entre lecteurs, mais également avec l’auteur. Un mix entre les réseaux sociaux et l’acte « lecture ». Toujours plus d’humanité, toujours plus de sens, en apportant de la valeur ajoutée via la technologie.

Alors, je te pose la question : et si tu pouvais échanger à propos de ta lecture au fil des pages, noter et contribuer à chaque chapitre ? Et si, en plus de l’expérience immersive, tu pouvais bénéficier d’un grand tout qui te connecte à d’autres lecteurs. Des membres qui apprécient, encensent ou critiquent (à juste titre) une histoire en même temps que toi ? Imagine… Un passage qui t’a fait sourire, un lieu que tu connais, un personnage que tu adores ou une réplique sur laquelle tu accroches… et si au détour d’un commentaire, tu pouvais contribuer à la communauté en partageant ce que tu es ? Si tu pouvais nous éblouir de ton essence en nous dévoilant ce que tu as au fond de toi ? Et si on en sortait tous grandis en découvrant ce que tu aimes vraiment ? Et si ta participation pouvait m’aider à améliorer mes textes à l’avenir ?

Une transformation du profil lecteur solitaire et passif vers celui d’un lecteur-acteur connecté aux autres, voilà ce que j’imagine pour les années à venir. Ton imaginaire rencontrant le mien et alimentant l’imaginaire de tous les membres du site… Utopie ou réalité ? À toi de me dire… Parce que j’ai souvent des idées folles et que je ne peux pas toutes les suivre… je te demande simplement ton avis. N’hésite pas à me le dire en commentaire et en répondant à ce sondage. Merci 😉

Projet de "lecture sociale" de mes livres sur le site : qu'en penses-tu ?
  • J’aime bien l’idée, mais je veux continuer à te lire sur ma liseuse.
  • Un grand oui, j’adore !
  • Je n’arrive pas à me l’imaginer, trop abstrait.
  • Je ne lis que le bon vieux livre papier, hors de question.
  • Je dis non ! La lecture doit rester telle qu’elle est.
  • Oui, mais seulement si c’est gratuit.
Poll Options are limited because JavaScript is disabled in your browser.

Merci pour ta réponse !

(Finalement, je réalise que d’une certaine manière, tu es déjà en train de lire, réagir et contribuer à travers ce sondage. Marrant, non ?)

Deuxième petite question

Que dirais-tu de pouvoir accéder « au making of » du livre ? Une fois ta lecture terminée, tu pourrais découvrir un bonus sur l’envers du décor, les coulisses du livre. Cela pourrait être du contenu à la fois vidéo, documenté ou illustré sur la manière dont je m’y prends. Une invitation à pénétrer dans les centaines d’heures de travail qui se cachent derrière l’histoire. Par exemple :

    • Comment je travaille mon idée de base.
    • Comment je réalise mon plan.
    • Comment je bosse mes personnages.
    • Comment je découpe mes chapitres
    • Mes outils de recherches

Qu’en penses-tu ? En réalité, ce travail existe déjà, puisqu’il est indispensable à la réalisation du livre, il me faut le mettre en forme et le rendre digeste, mais j’imagine que le partager avec toi pourrait augmenter et améliorer ton expérience. Je jette une idée comme ça, brute de décoffrage : ce contenu pourrait être payant si le texte est gratuit ou inversement ?

Projet de "making of", coulisses du livre et bonus : qu'en penses-tu ?
  • Oui, c’est génial de pouvoir passer de l’autre côté.
  • Oui, mais ça dépend du prix.
  • Je ne sais pas quoi en penser.
  • Non, je crois qu'il faut savoir s’arrêter après le mot fin.
  • Oui, à condition que je lise l’histoire gratuitement.
Poll Options are limited because JavaScript is disabled in your browser.

Merci !

Dernière question (presque) sans rapport

Après je te laisse tranquille, promis. Tu sais, ça me démange depuis un moment, j’y pense de plus en plus et là, je m’adresse à toi. Toi qui rêves d’écrire, mais qui n’oses pas. J’envisage de créer un site, un sous domaine, par exemple formation.matthieubiasotto.com et de mettre en place une formation complète et interactive où je te prends par la main dans le processus d’écriture et avec laquelle je t’amène vers tes premiers lecteurs.

Ce serait donc une sorte d’ « académie » (incroyable, le melon qu’il prend ce Matthieu…) qui t’est destinée si tu caresses le rêve d’écrire et qui te permettrait de glisser de « j’aime te lire » à « j’ai toujours voulu écrire, mais j’ai besoin d’aide, Matthieu ».

Je pourrais y aborder les différentes étapes, les erreurs à éviter, les astuces pour contourner les blocages, l’organisation du workflow, le travail préparatoire et la recherche, le tissage des scènes, la construction des personnages et de leurs relations, la gestion du compte KDP, le lancement du livre, la stratégie de communication, etc. À travers des vidéos de cours, des quizz, des exercices, du coaching personnalisé, je pourrais t’aider dans cette belle aventure. J’aime l’idée qu’à ton tour, un jour, tu seras en mesure d’aider quelqu’un d’autre à se lancer… Qu’est-ce que tu en dis ? 

Une formation complète et interactive avec moi comme prof : qu'est-ce tu en dis ?
  • Non, je ne suis pas intéressé.
  • Carrément ! On signe où ?
  • Faut voir le programme, pourquoi pas ?
  • Oui , j’aimerais écrire, mais ça dépend du prix
Poll Options are limited because JavaScript is disabled in your browser.

Merci beaucoup !

Voilà pour ce carnet de route, j’admets que mes idées bouillonnent et que j’ai un peu de mal à canaliser ma créativité. D’ailleurs, pour être sincère, les trois questions sont liées dans une certaine mesure et pourraient sculpter un nouveau modèle économique dans les mois à venir en ce qui me concerne. Je pourrais proposer des textes gratuitement, favoriser la lecture sociale. Un mode de lecture qui me rendrait visible auprès de nombreux lecteurs ayant envie de découvrir les coulisses, mais également exprimant le désir d’écrire et de s’autopublier. Dans cette hypothèse, « ce que je sais » deviendrait potentiellement ma source de revenus et « ce que j’écris » deviendrait une source de partage en accès libre.

Je ne sais pas encore si je vais mener à terme ce projet de lecture sociale, j’ignore si tu es intéressé. Je m’en remets à ton feeling, tout simplement.

A part cette douce folie qui me demande à la fois d’être un brin visionnaire et très lucide, j’ai encore beaucoup de travail pour mon prochain livre. D’ailleurs, j’y retourne de ce pas 😉. Mais rassure-toi, je ne suis pas loin : si tu as envie de contribuer au projet et de me soumettre tes idées… laisse-moi un mot en commentaire. Chaque avis compte, et je voudrais avancer main dans la main avec toi pour construire la lecture de demain. Mon aventure, c’est surtout la tienne. À très vite pour le Carnet de route #3. Merci d’être là.

PS : je reviens bientôt avec ma nouvelle « Uppercut » que je vais diffuser sur le site. En attendant, si le cœur t’en dit, tu peux la découvrir dans le recueil destiné à l’association Le Refuge. Il y a des tas d’autres textes et les bénéfices sont reversés à l’assoc’ : un geste sympa.

Le recueil au format numérique
Le recueil au format broché.

13 Dec 2018

Parenthèse avec Sylvain Palvowski

Chers tous, j’ai le plaisir de poursuivre cette nouvelle rubrique sur le site en ce qui concerne les couvertures pour mes camarades de plumes : les courageux indépendants. entre deux chapitres et deux peintures, je reprends ma casquette de graphiste au service de mes confrères autoédités. Aujourd’hui, c’est Sylvain Pavlowski qui répond à mes questions.

 

Bonjour, Sylvain, je suis ravi d’avoir pu collaborer avec toi pour ton livre Croyances de Sang et pour la version US de ton roman La Menace Blackstone. Est-ce que tu peux te présenter rapidement et me dire en deux mots ce qui t’a poussé à écrire ?

Bonjour Matthieu, oui bien entendu, avec grand plaisir ! Tout d’abord merci de me donner cette opportunité de parler un peu de moi et de mon travail.

Je suis né à Paris, j’ai 57 ans, même si dans ma tête j’en suis plutôt à 37… Marié depuis 35 ans et j’habite en région parisienne.. J’ai toujours aimé écrire, mais je n’avais jamais réussi à concilier, vie professionnelle, famille et l’écriture, qui, comme tous les auteurs le confirmeront est terriblement chronophage. Il y a deux ans et demi, j’ai donc décidé de poser mes valises et de mettre en pause ma vie professionnelle pour me consacrer à cent pour cent à l’écriture. J’ai passé ma vie dans des avions et travaillé sur à peu près tous les continents… Je fais partie de cette première génération de strat-upers qui a œuvré à la banalisation des technologies de l’information. Cela a d’ailleurs été une chance, car les longs voyages sont propices à la lecture. C’est dans les salles d’embarquement que j’ai fait la connaissance de Harry Bosch, de Harry Hole ou de Kurt Vallander. Au regard de leurs exploits, je m’aperçois d’ailleurs que j’ai pris quelques années… Vallander est orphelin, Bosch à la retraite, même s’il reprend du service ici et là. Quant à Harry Hole… on ne sait pas trop. La lecture a toujours été une passion pour moi, je suis un lecteur compulsif.

Pour se lancer dans le grand bain, il faut une étincelle. Elle a eu lieu quand le scénario pour le Menace Blackstone m’est venu. J’avais la possibilité de parler d’un sujet que je connaissais parfaitement, l’informatisation des places de marché et les Intelligences artificielles, le tout enrobé dans une histoire de terroristes. Parfait ! ai-je pensé, y’a plus qu’à…. C’est comme cela qu’est né mon premier roman.

Sinon, je me passionne en dehors de l’écriture, pour ma famille, mes 3 enfants et mes trois petites filles – Je suis un amoureux de la mer, passion que j’assouvis dès que je pars dans notre maison près de Royan. Je suis un pêcheur et je pratique la voile.

3 enfants, l’écriture et un coup de cœur pour Royan, nous avons quelques points communs. 😉 Quels sont les thèmes que tu aimes aborder ? Et pourquoi ?

Écrire, c’est révéler au monde réel votre vie intérieure, vos espoirs, vos doutes, ce en quoi vous croyez. En cela, écrire demande un certain courage, car qu’on le veuille ou non, nos livres sont parsemés de parties de nous-mêmes, des personnages, des lieux, des situations, des idées véhiculées qui vous sont chères. Il faut accepter en tant qu’auteur, de lever un peu le voile sur vous-même et votre vie privée.

J’ai décidé d’écrire pour exprimer et mettre sur le papier des sujets qui me parlent. J’essaye à ma moindre mesure, sans préjugé, et sans être donneur de leçon j’espère, de parler des maux de notre époque. Avec La Menace Blackstone, j’ai essayé d’exprimer mes craintes concernant les Intelligences artificielles, et le cauchemar que représenterait un monde truffé d’IA. Je fais d’ailleurs une petite digression pour mettre en garde les lecteurs qui achètent sans trop se poser de question les assistants vocaux de Google ou d’Amazon, ces espions qui écoutent tout de votre vie. Incroyable non quand on y pense ? Qui aurait même imaginé il y a 10 ans que nous serions partant pour payer afin de nous doter d’un espion chez nous ? Voyez, ce danger est bien réel, il faut aider les citoyens du monde que nous sommes à comprendre comment la technologie peut nous aider, mais aussi comment éviter qu’elle n’envahisse et piétine nos libertés fondamentales.

Bon, revenons à l’écriture… Dans La Menace Blackstone et Croyances de Sang, je traite aussi du communautarisme, un autre danger rampant de notre société, de la laïcité, des problèmes migratoires, et de l’acceptation de l’autre. Rien de très glamour, je le concède, mais qui sont des sujets que je trouve essentiels pour continuer à vivre dans notre société en perte de repères.

Tout  fait d’accord pour l’IA et ses dangers, j’en parle largement dans « PK : mes derniers mots » et je te rejoins complètement. D’ailleurs mon google Home mini est débranché depuis un petit moment. Au fait, comment es-tu arrivé à l’autoédition ?

Je n’ai pas réfléchi très longtemps. Trouver un éditeur pour un premier livre, sans connaissance particulière de ce milieu, me semblait de toute manière d’une telle complexité que j’ai opté sans même me poser de questions pour l’autoédition.

J’aime bien en fait cette idée d’être libre, de maitriser toute la chaine de production et de valeur. De l’écriture à la mise en page, travailler avec des gens de talents pour l’élaboration du visuel, puis la mise en ligne. Il y a une certaine symbolique à appuyer sur le bouton ‘PUBLIER VOTRE LIVRE’ sur le site d’Amazon (ou autre…) – C’est quand même un aboutissement et un sentiment assez incroyable. Puis vient le temps de la promotion en essayant de trouver des chroniqueuses et des chroniqueurs, des blogueurs, qui vont lire, aimer on l’espère, et publier les premiers retours. J’en profite d’ailleurs pour les remercier, eux qui sont le relais indispensable entre ceux qui écrivent et les lecteurs ! Sans eux, nous n’existerions pas.

Avec le recul et deux livres publiés, avec un troisième en bonne voie, qui devrait, je l’espère, être terminé début 2019, la question se pose de nouveau. Je fais pas mal de salon et de dédicaces, mais je réalise le manque de visibilité dans les points de vente. La formule KDP sur Amazon est une formidable vitrine, mais j’aimerais bien trouver une méthode de diffusion de mes ouvrages au format papier. C’est dans cet esprit que j’ai créé ma société d’édition : Les Editions de Pauline, qui sont le vecteur de distribution de mes livres.

Je réfléchis à essayer de trouver un véhicule de distribution plus large de mes livres au format papier, tout en gardant les droits sur les versions électroniques… A suivre !

Le monde de l’édition est en pleine mutation, les indépendants sont peu diffusés physiquement mais les choses évoluent vite, patience :p Tu peux m’expliquer comment t’est venue l’idée de traduire ton livre et de t’attaquer au marché anglo-saxon ? C’est très courageux, je suis curieux.

Alors là, on touche à un projet très personnel. Comme je te l’ai dit, j’ai passé plus de vingt ans à travailler dans de nombreux de pays, passé beaucoup de temps aux USA, vécu au Royaume-Uni. J’ai un réseau d’ex-collègues et d’amis un peu partout, et je forme l’espoir qu’ils sauront être mes premiers lecteurs et permettre au livre en anglais de se faire connaître. Je crois beaucoup au marché anglo-saxon, par sa taille bien sûr, mais je crois aussi que le story play de La Menace Blackstone peut aussi parler aux lecteurs anglais. Enfin, je suis parfaitement bilingue, et j’ai donc pu travailler avec le traducteur et être un acteur dynamique de ce processus. Un travail assez passionnant d’ailleurs !

Enfin, c’était un rêve, une ambition personnelle que d’éditer un de mes livres et de le lancer aux États-Unis, voilà qui est fait…

Alors maintenant que c’est lancé, je découvre la véritable complexité de ce marché, l’océan de productions qui engorge un marché noyé sous les sorties… Mais je relève le défi !

Un sacré défi ! Le marché est féroce mais, tu as l’avantage de maîtriser cette langue et d’avoir un réseau pour débuter. Parlons un peu du visuel, quelle ambiance souhaitais-tu retranscrire avec ta couverture ?  C’est le moment de nous donner envie ^^ !

Il faudrait demander à un certain Biasotto… c’est lui le créateur non ? 🙂

En réalité, et nous en avons discuté ensemble, Matthieu, la couverture devait correspondre aux codes des livres anglo-saxons. Titre très visible, nom de l’auteur en gros caractères et thèmes traités très appuyés… Il semble que là-bas on ne s’embarrasse pas avec les notions très françaises visant à susciter le désir, de laisser entrevoir sans rien dire. Non, sur ce marché, si ça parle de bagnoles, de courses poursuites, d’ordinateurs ou de menace, tu tapes dans le dur ! Tu mets des grosses cylindrées, des flingues, des drapeaux étoilés, etc. On a fait entre les deux. Avec l’œil pour la menace invisible, mais omniprésente, une ville éclairée au loin noyée dans des caractères informatiques. Tous ceux qui m’ont fait des retours ont d’ailleurs été très positifs. La couverture est une réussite !

Merci ! Oui, d’après ce que j’ai pu voir, les premiers retours sur la couverture sont positifs et j’en suis ravi. Selon toi, est-ce que la couverture est déterminante pour le succès d’un livre ? A plus forte raison sur les plateformes comme Amazon ?

Oui, sans aucun doute. Un livre, et là je ne vais pas me faire que des amis, c’est un produit. Produit intellectualisé certes, mais produit quand même. Alors les mêmes processus d’achat fonctionnent. Je pense que c’est très atténué sur Amazon justement, car tu ne vois les couvertures qu’en format vignettes et donc cela réduit la dépendance lors du choix. Le résumé, les critiques et les retours des chroniqueurs sont, je pense, les éléments déterminants lors des choix des lecteurs. En magasin c’est vraiment le contraire. Il y a ceux qui passent pour acheter le dernier ‘Machin’, et là tu pourrais leur mettre une couverture blanche avec le nom et le prix. Pour les autres je vois bien quand ils passent devant la table de dédicace, les yeux qui scrutent, décodent les couvertures… Le titre et la couverture sont les premiers alliés à ce moment précis où le lecteur potentiel prend le livre en mains… ensuite le charme opère ou non.

À propos du titre, tu as eu l’inspiration immédiatement ? Il s’est imposé au début du projet, en cours d’écriture ou en toute fin ?

Un titre m’est venu très tôt pour La Menace Blackstone, qui s’appelait au tout début ‘Le Projet Blackstone’ et puis… après coup, La Menace me semblait plus approprié. Pour Croyances de Sang, cela a été long. J’ai fait pas mal de tentatives. Pendant la période d’écriture, le projet s’appelait ‘Le Mal du Pays’ qui sont les derniers mots du livre. J’avais cette phrase comme toute dernière fin depuis le début, et je trouvais sympa que cette conclusion soit aussi le titre. Une façon de boucler la boucle. Et puis est venu ce dialogue pendant l’écriture, quand un jeune des banlieues constatant la violence de ce qu’ils font au nom de leur Dieu, demande à celui qui est le chef : Nos croyances ne sont-elles que des croyances de Sang ? et là, je me suis dit ! Voilà c’est le titre !!

Je ne sais pas pour les autres, mais le titre initial est souvent abandonné en cours de route. La raison je crois, c’est que la création est un acte dynamique, et que même si le projet semble bien bouclé au départ, il se passe tellement de choses entre le premier mot et la fin du livre, qu’il est normal que cela évolue.

Je te le confirme, je change souvent, j’adapte parce que le regard posé sur le projet évolue. En tant qu’auteur, qu’est-ce que tu attends d’une bonne couverture ?

Il faut qu’elle exprime l’ambiance du livre, qu’elle permette au futur lecteur de décoder le sujet et de donner envie. Après ce sera à l’histoire de faire le reste…

Et en tant que lecteur ?

Je suis assez bon public. J’aime bien rêver. J’ai besoin de me projeter dès le premier regard.

Lorsqu’on est indépendant, on doit (presque) tout gérer pour publier son livre… Cette liberté est grisante, mais on ne peut pas être bon dans tous les domaines : à quel moment tu t’es dit « OK, il faut que je confie le visuel à quelqu’un ? »

Dès le début de mon projet j’ai décidé de faire faire plutôt que d’essayer de proposer un truc mal ficelé que j’aurais créé moi-même probablement à partir d’une photo glanée sur le Web. Comme dit précédemment, la création de visuels est un travail de pro, alors je me suis tout naturellement tourné vers un pro.

Comment es-tu venu à me contacter ? Pourquoi moi ?

Excellente question ! Pour être honnête, j’ai travaillé avec Rebecca (Rebecca Greenberg) qui a corrigé mon second livre, Croyances de Sang, et j’avais beaucoup aimé la couverture que tu as réalisée pour Le Fil d’Argent… Donc j’ai demandé à Rebecca de me confirmer que tu étais l’homme de la situation, un ping sur messenger… et voilà !

Sacrée Rebecca, c’est une perle 😊  Comment décrirais-tu notre collaboration ?

Ta grande force est de sentir le thème, l’ambiance extrêmement rapidement. Pour Croyances de Sang, j’avais besoin de personnaliser mon personnage de Pauline. On a trouvé une photo qui allait. Pas parfaite, la femme est un peu ‘trop’, mais c’était dans l’esprit… Même chose avec la version anglaise de La Menace… Ambiance conspiration bien retranscrite. Et puis une grande disponibilité, une réactivité irréprochable, surtout dans les dernières heures, quand Amazon te torture par ce que la taille n’est pas parfaite, la place du code-barre est trop petite, etc.

Je dirais, et ce sont pour moi deux grandes qualités, disponibilité et réactivité.

Merci, j’essaie de faire au mieux le plus vite possible. Un conseil à donner aux auteurs qui se lancent sur Amazon à propos de la couverture ?

Pas vraiment… tout ça c’est au feeling. Si, peut-être de ne pas transiger. Une couverture ça vous suit pendant des années… autant être sûr de son coup, quitte à retarder son lancement de quelques heures ou quelques jours. Le visuel est indissociable du livre. Devoir en changer après le lancement est de mon point de vue une erreur marketing grave. C’est (presque) un nouveau lancement qu’il faudra faire ensuite, et on sait tous que cela demande pas mal d’effort que de lancer un nouvel ouvrage.

Tu as tout à fait raison, c’est très compliqué de relancer un livre suite à un changement de visuel. Tu as d’autres projets à venir ?

Yes ! Je suis dans l’écriture du prochain opus des aventures de Pauline. C’est bien entamé. Je dirais 70% de bouclés. Une nouvelle enquête explosive qui fera couler de l’encre… et de l’eau sous les ponts. Vous comprendrez l’allusion lors de la sortie. Je me tâte quant à la date de parution. Mai, pour participer aux Plumes francophones, ou bien un peu avant. Je verrai à ce moment-là.

Où peut-on trouver tes livres, en apprendre davantage sur ton univers ? (Facebook, Insta, Amazon, site ou blog)

Tout est sur Amazon. C’est plus simple d’avoir une seule plateforme, même si c’est évidemment réducteur.

Sinon j’ai un site Web : www.sylvainpavlowski.com, dans lequel j’écris sur des sujets variés. Vous pourrez y retrouver certains de mes thèmes favoris, mais aussi des photos.

Tu peux nous dévoiler ici le texte de 4e de couverture ?

Je vais plutôt mettre le texte de Croyances de Sang, l’autre est en anglais…

Pauline Rougier, Commandante à L’Antiterrorisme se reconstruit doucement après son burn-out, sous le regard bienveillant de Jack Campbell, journaliste au New York Times.

Quand elle arrive sur les lieux d’un accident et constate l’impensable, elle ne sait pas qu’elle vient d’être propulsée au centre d’une mécanique implacable qui pourrait bien détruire Paris.

Dans l’ombre, s’agitent Kamel le chef du Gang des Def Zone et son armée de guerriers urbains, ainsi que Khalid Alzadi, bras armé du milliardaire Saoudien Fouad Al-Naviq, prêts à prendre leur revanche après l’échec du projet Blackstone.

Ce mois d’août bât tous les records de chaleur, alors que s’ouvre à Paris un Sommet Européen sur les migrants, dirigé par le Président Lavalette, dans un climat politique lapidaire.

Pauline devra puiser dans ses ressources et trouver la force de se dépasser dans ce compte à rebours mortel pour enfin découvrir les traces de son passé. Mais pourra-t-elle éviter le pire ?

Croyances de Sang, le nouvel opus de la série « Commandant Pauline Rougier » est un roman dense et rythmé dans lequel des destins s’entrecroisent, prisonniers d’un monde où des forces contraires s’opposent avec violence et dont l’issue est plus que jamais incertaine.

Merci beaucoup pour tes réponses. Un petit mot pour la fin ? 

Oui, merci à toi pour cet interview. Il me reste à passer dans ton sud l’été prochain et partager avec toi une bière… Pour conclure, je dirais à tous ceux qui souhaitent être guidés dans le processus de création d’une couverture, de ne pas hésiter à faire un partenariat avec toi. Ils ne seront pas déçus.

Merci Matthieu.

Avec un immense plaisir pour une bière (ou deux). 😉  A très vite Sylvain.

N’hésitez pas à poser vos questions à l’auteur en commentaire. Si vous avez besoin d’une couverture, hop… direction ma page création de couvertures ! 

 

23 Nov 2018

La carte cadeau disponible sur la boutique

Le coffret cadeau vient d’arriver

Salut, toi 😉 J’en parlais hier dans mon carnet de route et je viens justement de les recevoir ce matin, ils sont beaux et exactement comme je l’imaginais. Ce coffret en kraft et sa carte assortie permettent d’offrir un ou plusieurs exemplaires brochés dédicacés sur ma boutique. Sympa, non ? Cette solution permet d’inviter tes proches à la lecture d’un de mes livres tout en laissant un adorable petit cadeau au pied du sapin, par exemple.

Fonctionnement

Alors comment marche cette petite boîte ? Finalement, le concept est assez simple, c’est un chèque cadeau, ni plus ni moins :

  • Tu commandes la carte en sélectionnant le nombre de livres que tu souhaites offrir à une personne (qui est susceptible d’apprécier le geste et mon univers… c’est mieux. :p)
  • Dès validation de la commande, je génère un code unique et je l’inscris sur la fameuse carte. Puis je file à la poste pour expédier le tout avec un N° de suivi, histoire que la délicate attention ne se perde pas en chemin et arrive le plus vite possible entre tes mains.
  • À l’ouverture du cadeau, l’heureux élu se rend sur ma boutique (en flashant le QR code sur la carte par exemple) et se laisse tenter par les livres de son choix (en fonction de la quantité prévue par la carte commandée).
  • Sur la page panier, le code permet de déduire le total de la commande et de recevoir les exemplaires souhaités avec une dédicace personnalisée (+ le coup de tampon ainsi que le marque-page avec le cachet de cire).
  • Pour les premiers à commander, le coffret réserve une autre petite surprise, à condition d’être curieux… J’aime bien les surprises. 😉

Commander la carte cadeau

 

Une question, un doute ou une suggestion ? N’hésite pas à me laisser ton avis en commentaire 😉 

22 Nov 2018

Carnet de route #1

Des nouvelles. Un roman et plein (plein) de petites choses.

Novembre, un mois chargé. Suite à la mort de mon bon vieil ordinateur, remplacé par une petite merveille bien plus pratique, j’ai quitté l’Atelier. Eh oui, poussé par le froid, j’écris sous les toits, dans la mezzanine. Les tableaux me manquent un peu, mais au moins… je suis au chaud. Alors quoi de neuf pour cette fin d’année ? Beaucoup de cafés, des couvertures en cascade, une séance de dédicaces, mais pas seulement.

La prémisse de mon prochain livre

Il y a quelques jours, l’inspiration a frappé, l’idée du prochain se précise. Lorsque je me fais discret sur les réseaux, c’est que je travaille sur le texte, tout simplement 😉. Oh, je sais, ça peut paraître rapide après la sortie de “72h”, pourtant j’ai l’impression d’avoir attendu une éternité. Une envie, un lieu, une scène, j’ai des flashes qui me parviennent, des visions très nettes puis d’autres plus floues. J’entends chuchoter, j’entrevois la scène d’ouverture, je me projette. Et sans trop m’avancer, je peux dire que le projet est prometteur. Très prometteur.

Mon premier plan vient de voir le jour, ce n’est qu’une étape et il va forcément évoluer. Il reste à interroger mes personnages, les sculpter, apprendre à les connaître sur le bout des doigts. Il me faut creuser le lieu, « l’arène », connecter tous les éléments pour transformer l’idée première en un grand tout vivant, nerveux et original. Il y a aussi la symbolique, les thématiques, les sous-thématiques, les petites blessures, les grosses plaies, tout ce que je sais, tout ce que les personnages ignorent et tout ce que toi, lecteur, tu ne dois pas savoir. En tout cas, pas tout de suite.

“En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout”
(Albert Camus)

La route est longue, mais en vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout (Albert Camus). Les papillons dans le ventre et le sentiment de tenir un sacré concept me laissent penser que je vais me régaler. Huis clos, secrets et mensonges, des individus attachants, mais complexes. Un sujet qui me tient à cœur… Stop, je n’en dis pas plus.

Et la peinture ?

Côté peinture, je manque un peu de motivation, sans doute un trop-plein de graphisme en ce moment, je n’ai pas touché aux pinceaux depuis un bail, ça reviendra, je ne m’inquiète pas et je compte bien me vider la tête avec mes portraits début décembre. Si mes toiles sont encore vierges, c’est que j’ai passé également beaucoup de temps à transformer mon site et je suis en train de mettre en place un coffret cadeau. Oui, un coffret cadeau.

Une carte cadeau, un coffret ?

L’idée ? Une boîte, une petite boîte toute mignonne en Kraft contenant une carte à offrir, histoire de faire découvrir mes intrigues à travers un ou plusieurs exemplaires dédicacés. Je les reçois demain et je viens de les ajouter à la boutique de manière à ce qu’on puisse rapidement déposer cette carte cadeau / ce fameux coffret au pied du sapin. Ça serait bien, non ?

Le fonctionnement est simple : il suffit de choisir le nombre de livres que tu souhaites offrir, le montant de la carte varie en fonction. Le bénéficiaire se rend sur la boutique et sélectionne le ou les livres de son choix. En saisissant le code unique sur la carte, le montant du panier est déduit de la valeur de la carte. De mon côté, je tamponne, je dédicace avec amour et j’expédie le tout le plus vite possible. 😉

Voici à quoi la carte va ressembler  (je vais poster les nouvelles photos demain et les remplacer sur la boutique) :

 

Et les dédicaces ?

Du côté des dédicaces, samedi je suis à Muret (31600). Une nouvelle date vient s’ajouter au programme pour 2019 (14,15,16 juin Le Barcarès) et je cherche activement un lieu ainsi qu’une date pour le mois de février du côté de Sète / Montpellier, probablement en compagnie de mon petit Théo Lemattre. Le récap de mes prochaines “sorties” se trouve ici.

Quoi d’autre ?

Pour continuer sur l’écriture… J’ai terminé une nouvelle ,”Uppercut”, qui va rejoindre la seconde édition du recueil “Mateiva”. Un recueil publié en faveur de l’association Le Refuge. L’an dernier j’avais écrit “Nut” (disponible gratuitement ici) et cette année je m’implique davantage en réalisant la couverture de l’ouvrage et en prenant le temps de produire un texte court mais surprenant.

Enfin, petit bilan de “72h”qui passe la barre des 3000 lecteurs en un mois, je suis ravi et soulagé de pouvoir le laisser vivre sa propre vie. 61 Commentaires sur Amazon (tu peux laisser ton commentaire), c’est un très beau début et il est temps pour moi de plonger dans un autre univers.

Un concours ?

Du côté des réseaux sociaux, quelques concours à venir, notamment sur ma page Facebook avec Corinne Martel à partir du premier décembre. Et… peut-être (probablement, même) un concours uniquement pour les membres du site.

Je voudrais avoir ton avis…

Concernant le prochain projet, j’envisage de publier quelques chapitres pour les membres de ma newsletter, une sorte de version Alpha “privée” sur laquelle on pourrait échanger avec mon équipe habituelle. Qu’est-ce que tu en penses ? N’hésite pas à me l’écrire en commentaire, surtout si l’aventure te tente. D’ailleurs, n’hésite pas à me dire ce que tu penses de la carte cadeau, mais aussi du site ou de tout ce qui te passes par la tête pour l’améliorer. C’est aussi ton espace.

C’est tout pour ce premier Carnet de route. Prenez soin de vous, je retourne à mes chapitres 😉

 

21 Nov 2018

Petite causerie avec Laurent Jayr

C’est encore moi, j’ai repris l’écriture, j’améliore mon site et surtout, j’aide mes amis auteurs lorsqu’ils ont besoin d’une couverture. La fin de l’année s’annonce chargée en sorties pour les indépendants, cette fois je suis heureux d’ACCUEILLIR Laurent Jayr qui va répondre à mes questions et vous parler de son roman « La finance de l’ombre », un thriller… financier. 😉

 

Hello, Laurent !  Merci d’avoir fait appel à moi pour ton roman. Est-ce que tu peux te présenter à mes lecteurs et nous expliquer en deux mots comment tu as plongé dans l’écriture ?

Hello, Matthieu ! Et merci de m’accueillir sur ton site.

L’écriture, c’est un peu mon travail depuis plus de vingt ans. Le jour, j’écris des lignes de code (je suis développeur) et la nuit, j’écris des romans. Bref, je passe l’essentiel de mon temps à écrire quelque chose…

Plus sérieusement, ma passion est l’écriture d’histoires à suspense. J’imagine et écris principalement en mode nocturne, mais aussi parfois tôt le matin. Plusieurs heures par jour. Tous les jours. Anniversaires et fêtes nationales compris 😉

Est-ce qu’il s’agit de ton premier roman ?

Oui, c’est le premier, mais il a maturé dans mon esprit pendant une dizaine d’années. J’ai même retrouvé un vieux carnet dans lequel je posais mes premières idées. J’avais écrit « 11 juillet 2009 » en haut de la page. Mais je me suis véritablement lancé dans l’écriture qu’en 2016. J’ai donc pris tout mon temps.

Le fric m’oppresse, mais je n’ai jamais pensé à en faire un thriller… J’imagine que tu ne t’attaques pas à un tel sujet par hasard. Me trompé-je ? :p

Tu as raison. On peut appeler ça les « hasards de la vie ». Avec mon métier de développeur, j’ai pas mal bourlingué et j’ai travaillé dans des milieux plutôt variés : les assurances, les jeux électroniques, la pharmacologie, les hôpitaux, la formation…

Et puis un jour j’ai été embauché par une société de trading suisse et ma vie a basculé. C’est là-bas que m’est venu le sujet de mon premier roman. J’étais alors un petit développeur lambda discret et sans envergure, mais la particularité de mon poste faisait que j’avais accès à des informations ultras confidentielles. Je me suis même trouvé un peu malgré moi au cœur d’un système effroyable. Je n’ai tenu que deux ans, j’ai fini par démissionner. Mais je n’ai jamais oublié « ces choses » que j’ai vues ou entendues, ces bruissements de couloirs sidérants… je me disais souvent « pu****, si les gens savaient… » cette expérience m’a fortement marqué et certains événements clés de mon livre sont donc inspirés d’éléments réels.

Je ne veux même pas imaginer les *s410p3r13S* qui se trament dans ce monde très spécial et en même temps, je trouve ça presque fascinant. Quels sont les thèmes que tu aimes aborder ou qui t’inspirent en dehors de la finance ?

Je crois que peu importe le thème, le plus important dans une fiction, ce sont les personnages. Ce qui me passionne c’est donc d’imaginer comment un personnage va réagir dans un contexte particulier avec ce qui le caractérise le plus. Mais pour revenir sur l’aspect thématique, je suis assez fasciné par la notion du « mystère inexplicable », de « la perte de contrôle » et des « grands secrets du passé » qui demeurent irrésolus. C’est d’ailleurs l’un des thèmes de mon second roman. Je crois que ça fait partie de mon univers d’auteur d’inscrire ainsi mes histoires dans le terreau du réel. Je serai incapable, pour l’instant, d’écrire de la SFFF. Ça me semble tellement difficile ! J’ai besoin de puiser mes sujets d’inspiration dans le concret et d’en extraire une fiction proche de la réalité.

Tout à fait d’accord avec toi sur l’importance du personnage, c’est ce qui rend, à mes yeux, un texte humain et donc intéressant. Comment es-tu arrivé à l’autoédition ?

Je ne connaissais absolument rien au métier de l’édition, j’ai donc commencé par chercher un éditeur par la voix traditionnelle : manuscrits envoyés par la poste ou par email. J’ai bien entendu essuyé plusieurs refus, mais j’ai été accepté par deux maisons d’édition qui m’ont contacté pour me proposer un contrat. Lorsque j’ai pris connaissance des termes de ces contrats, j’ai été plutôt sidéré. Je ne pensais pas que les auteurs pouvaient être autant déconsidérés dans le processus d’édition de leur propre livre… j’ai alors appris qu’il existait des alternatives, comme l’autoédition, bien plus avantageuse pour un auteur. Mon manuscrit est encore en lecture dans quelques maisons d’édition. Un agent littéraire est aussi « intéressé ». J’attends donc encore un peu pour voir, même si j’ai très envie de tester l’aventure de l’autoédition.

Certes, cette voie est un peu déstabilisante, surtout vis-à-vis de l’investissement chronophage qu’il faut planifier. Il faut créer un blog, une page auteur Facebook, chercher un correcteur, des bêta-lecteurs, un conseiller littéraire pour le travail d’édition, faire le marketing, créer une couverture… mais le côté entrepreneurial m’a séduit également. Cette idée de tout maitriser, du début à la fin, c’est plutôt agréable. Un de mes conseillers littéraires me disait dernièrement, au sujet de la charte des auteurs indépendants : « pour que les auteurs indépendants accèdent à une vraie légitimité, il faut que leurs livres soient deux fois meilleurs que ceux des éditeurs traditionnels » et je crois qu’il a raison. On doit donc se retrousser les manches et j’aime ça !

J’adore ce sentiment de liberté. Je ne peux plus m’en passer 😉 100% d’accord avec la charte des auteurs indépendants. D’une manière générale, chaque bon livre auto-édité plaide en faveur des indés. Tu peux nous parler de ton projet « La finance de l’ombre » ?

Pour commencer, je voudrais préciser que je n’ai absolument rien contre les banques ou la finance en général, même si mon expérience personnelle sur ce terrain fut plutôt traumatisante. Mon roman ne s’attaque pas à ce métier respectable. D’ailleurs mon père a fait toute sa carrière dans une grande banque française. Je suis en revanche plus sceptique au sujet des transactions opaques qui se développent de plus en plus dans les « dark pools » et autres dérives du trading à haute fréquence. Mais mon roman ne traite pas de ces sujets. Il place un regard précis sur les conséquences de la crise des subprimes dans le monde. La Suisse a été, je pense, injustement pointée du doigt alors qu’elle n’était responsable de pas grand-chose dans cette histoire-là. Il se passe des choses bien plus troublantes dans la City de Londres ou à Wall Street. Je n’en dirai pas plus…

Pour en revenir à mon projet, je prendrai en exemple le film « Margin Call » (JC Chandor 2011). Lors de sa projection au festival du film policier de Beaune, les spectateurs, la presse et le jury se sont demandé ce que ce film faisait en compétition. En effet, cette histoire de banque d’investissement aux actifs toxiques ne correspondait en rien aux codes du polar. Il n’empêche que ce film, au casting prestigieux, est sorti auréolé du Grand Prix du festival…

Mon roman est un peu dans la même veine. Les thrillers financiers sont plutôt rares, mais je crois qu’il existe un véritable lectorat pour ce genre particulier. Qui n’est pas intéressé par l’histoire de ces hommes et de ces femmes, véritables criminels en col blanc, souvent complexes, souvent dénués de tout sens éthique, mais qui sont aussi parfois capables de tout foutre en l’air pour se rebeller contre le système ? C’est un sujet qui, s’il met les personnages au centre, peut intéresser tous les amateurs de thrillers. Et même les autres.

Je suis plutôt Rage Against The Machine dans l’esprit et pourtant tu m’intrigues et me donnes envie de découvrir cet univers. À propos du visuel, quelle ambiance souhaitais-tu retranscrire avec ta couverture ? C’est le moment de nous vendre du rêve !

Je crois que la couverture est le visage d’un roman. C’est le premier contact visuel entre le lecteur et l’objet livre. Un rapport de séduction instantanée doit s’opérer. Une espèce de coup de foudre. Si la couverture ne plait pas à un lecteur, la chance que ce dernier retourne le livre pour lire la quatrième de couverture est très faible. Mais je crois aussi qu’il ne faut pas mentir à son lecteur, la couverture doit clairement annoncer le contenu du livre. Pour le mien, il fallait donc retranscrire une ambiance proche de l’univers abordé : celui de la finance moderne, avec un personnage dans l’ombre, inquiétant et en même temps en plein doute sur ce qu’il fait. Tu as parfaitement retranscrit ce que je souhaitais. Mon livre est un thriller financier qui se passe en Suisse, mais avec des enjeux planétaires importants. La perspective de Manhattan en skyline et de Wall Street en filigrane est donc parfaite. Les jeux de transparence sur le trading électronique également. Sans révéler des éléments de mon intrigue principale, je peux dire que c’est l’arrière-plan de mon sujet. J’ai aussi insisté pour que le jet d’eau de Genève, symbole de la cité de Calvin, soit présent, car l’essentiel de mon histoire se situe en Suisse, au bord du lac Léman.

J’ai la même vision que toi : la couverture est une promesse. Selon toi, est-ce que la couverture est déterminante pour le succès d’un livre ? À plus forte raison sur les plateformes comme Amazon ?

Elle fait partie du processus de séduction, alors oui, elle est très importante. Une mauvaise couverture peut fortement réduire le succès potentiel d’un livre. Personne n’a envie, moi le premier, de lire un roman dont la couverture fait amateur. C’est d’autant plus vrai sur les plateformes comme Amazon où votre livre se retrouve noyé parmi des dizaines de milliers d’autres ouvrages. Il suffit de regarder le classement des meilleures ventes pour s’apercevoir que toutes les couvertures sont attrayantes. D’ailleurs, j’ai remarqué que dans la catégorie des meilleures ventes thriller, plusieurs couvertures sont de toi… félicitations !

C’est gentil, mais les auteurs bien classés ont d’autres atouts dans leurs manches, la couverture ne fait qu’amplifier le résultat 😉 À propos du titre, tu as eu l’inspiration immédiatement ? Il s’est imposé au début du projet, en cours d’écriture ou en toute fin ?

Le titre a souvent changé. Je dois avoir une douzaine de versions différentes. Je me suis décidé sur la fin pour « La finance de l’ombre », car il est assez révélateur du thème principal que je développe. C’est aussi une expression connue dans le milieu, traduction non littérale de « shadow banking » qui décrit le système opaque dans lequel le monde de la finance évolue aujourd’hui.

Excellent, très intriguant « le côté obscur de la thune ». Plus sérieusement, en tant qu’auteur, qu’est-ce que tu attends d’une bonne couverture ?

Qu’elle décrive en un coup d’œil l’univers de mon livre.

Et en tant que lecteur ?

 

Qu’elle me séduise et qu’elle me dise la « vérité » sur le livre.

Trading et suspense, c’est un cocktail étonnant. Est-ce que tu as prévu une suite, ou d’autres histoires dans cet univers ?

Non pas dans l’immédiat. J’y reviendrai peut-être après mon second roman. Ça va bien entendu dépendre de l’accueil du premier, même si je crois qu’on ne choisit pas toujours le thème de son prochain livre. J’ai plutôt l’impression que ce sont les idées qui vous choisissent et qui s’imposent à vous, pas le contraire. Mais j’ai aussi le sentiment que je n’en ai pas fini avec cet univers du trading et de la finance en général. Il y a bien eu une suite à « Wall Street », alors pourquoi pas moi ?

En effet, pourquoi pas ? Est-ce que tu as testé ta couverture auprès de proches pour prendre la température ? Si oui, comment ça se passe ?

J’ai fait un petit sondage sur mon blog et parmi mes amis. J’avais trois propositions de couverture différentes. Une des trois plaisait plus que les autres. Mais tous avaient du mal à se décider. Personne ne m’a dit qu’il n’aimait pas, que ça faisait amateur ou autre chose. Tous au contraire ont plébiscité ces trois couvertures et en toute objectivité je peux dire que tu as fait un excellent travail.

Je vais rougir :p Comment es-tu venu à me contacter ? Pourquoi moi ?

J’ai découvert ton travail par le plus grand des hasards du blog d’une auteure avec qui tu avais collaboré pour son roman. J’ai tout de suite été séduit par la qualité de sa couverture. Je la trouvais parfaite, bien équilibrée, un vrai travail d’artiste. J’ai ensuite visité ton site et je me suis dit « c’est lui qu’il me faut ! »

« C’est lui ! » LA révélation :p Comment décrirais-tu notre collaboration ?

J’avais un peu peur au début que tu ne sois pas très disponible, mais ce fut tout le contraire, tu m’as rapidement répondu et on a convenu d’un entretien sur Skype. Lors de nos différentes conversations, je t’ai trouvé très ouvert, très curieux et il se dégageait de ta personnalité une bienveillance rare. Ça me changeait des traders ! Tu avais vraiment envie de créer la meilleure couverture possible. J’ai aussi été surpris par ta rapidité. On sent que tu es un professionnel expérimenté. Mais surtout, c’est ta fibre artistique qui est précieuse dans ce que tu fais. Le fait que tu sois aussi un auteur à succès, avec 14 romans à ton actif, te permet de comprendre immédiatement ce qu’il faut faire. Je me sens privilégié d’avoir pu collaborer avec toi. Ma seule crainte, c’est que tu ne sois pas disponible pour la couverture de mon prochain roman !

C’est super sympa, merci. Je te rassure, pour l’instant je n’ai pas prévu d’arrêter. (et j’avoue être à l’opposé d’un trader sur la courbe de l’humanité :p ) Un conseil à donner aux auteurs qui se lancent sur Amazon à propos de la couverture ?

À moins d’être un artiste comme Matthieu, n’essayez surtout pas de la faire vous-même. La couverture est trop importante pour être bâclée. Passer par un professionnel comme Matthieu. Votre livre le mérite.

Tu as d’autres projets à venir ?

Oui, mon second roman est sur les chapeaux de roue. Je m’attaque à un sujet passionnant : le plus grand mystère de l’Histoire soviétique. Mon histoire sera basée sur un événement troublant, mais réel, qui s’est produit en Russie il y a près de 60 ans et qui me fascine au point d’en écrire un roman.

Où peut-on trouver tes livres, en apprendre davantage sur ton univers ? (Facebook, Insta, Amazon, site ou blog)

On trouve quelques-uns de mes ouvrages de jeunesse sur Amazon, mais surtout, ne les achetez pas ! Ce sont des livres obsolètes sur la programmation. Bref, sans intérêts !

Plus sérieusement, j’ai ouvert un blog il y a quelques mois : https://carnetdecriture.com. J’essaye de poster régulièrement des articles sur ma façon de travailler et mes projets en cours. Parfois je mets un fragment de scène de mon second roman pour tester les réactions des lecteurs.

J’ai aussi une page auteur sur Facebook, vous me trouverez sous « Laurent Jayr – auteur » et sur Twitter avec @LaurentJayr.

Tu peux nous dévoiler ici le texte de 4e de couverture ?


 

Je travaille encore dessus. J’ai un brouillon disponible sur mon blog, mais je n’en suis absolument pas satisfait. Elle n’est pas encore au niveau du reste de la couverture ! Allez, juste pour toi, je te la donne, mais ça reste entre nous 😉

Genève, Suisse, printemps 2009.

Après la terrible crise des subprimes, Antoine Dargaud, programmeur surdoué, joue son avenir sur un coup énorme : un audacieux robot de trading qui va révolutionner les marchés financiers.

Son robot est d’une efficacité redoutable. Très rapidement, il suscite la jalousie et la méfiance des plus puissantes organisations bancaires au monde, tandis que la presse suisse fustige ce nouveau programme réputé « incontrôlable ».

George Schwartz, le mystérieux financier à la tête du plus influent fonds spéculatif américain, convoite lui aussi le robot d’Antoine. Ce New-Yorkais est célèbre pour avoir fait « sauter » la banque d’Angleterre dans les années quatre-vingt-dix. Il ne s’arrête donc devant rien : menaces, collusions secrètes, fraudes et trahisons en tous genres… difficile de lui résister, surtout quand il propose à Antoine de participer à une manipulation financière à l’échelle de la planète.

Mais, c’est sans compter sur l’aveuglement et l’obstination démesurée du jeune programmeur qui va lutter pour garder le contrôle de son robot. Sa désobéissance conduira à un désastre aux résonances planétaires terrifiantes…

J’peux pas te garantir que ça ne sorte pas du blog :p La date de sortie, c’est pour quand ?

 

En 2019, je n’ai pas encore de date précise. Le manuscrit est terminé, mais j’essaye encore d’améliorer quelques chapitres.

Bon courage pour la dernière ligne droite 😉 Merci beaucoup pour tes réponses. Un petit mot pour la fin ?

 

Oui, juste une question : es-tu disponible pour la couverture de mon second roman ?

Bien sûr, Laurent – si tu es sage d’ici là 😉 

N’hésitez pas à poser vos questions à l’auteur en commentaire. Si vous avez besoin d’une couverture, hop… direction ma page création de couvertures ! 

 

13 Nov 2018

Discussion avec Jonathan Mazo

Je lâche mes pinceaux, j’abandonne mes carnets et je me jette sur ma tablette graphique au service de mes copains indépendants. Nouvelle interview pour ma rubrique couverture, j’accueille aujourd’hui Jonathan Mazo.

 

Salut, Jonathan ! Ravi d’avoir pu collaborer avec toi sur ton nouveau roman. Est-ce que tu peux te présenter à mes lecteurs et nous expliquer en deux mots pourquoi tu as choisi l’écriture ?

Bonjour, Matthieu, et merci à toi de m’accorder un peu de ton temps. En quelques mots, je suis un auteur indépendant, libre de toutes contraintes et maître de mes idées. Je tente toujours, lorsque j’écris, de faire passer un message. Et peu importe la manière dont il sera perçu. Le principal est de me dire que j’ai été au bout de ce que j’avais en tête.

En ce qui concerne l’écriture en elle-même, j’écris depuis toujours. Les premiers temps, c’était un exutoire. J’écrivais principalement des chansons puis j’ai découvert la plume d’Amélie Nothomb, il y a une quinzaine d’années, et je me suis dit qu’il était temps, à mon tour, d’écrire mes propres histoires. Après deux romans avortés, « Tout le monde connaît Lola » était né.

J’ai remarqué que la Femme t’inspire (et j’apprécie). Pourquoi le sujet te passionne et quels sont les thèmes que tu aimes aborder ?

Je parle uniquement de ce que je connais et de ce que j’ai vécu. Je puise donc mon imagination dans mes relations amoureuses qui sont souvent chaotiques. Pour « Lola », j’ai voulu jouer exclusivement sur la dérision pour me permettre de me détacher du texte. Le roman qui va paraître sera le deuxième de ma trilogie homme/femme. Ensuite, je m’attaquerai à un autre sujet qui me tient à cœur : l’injustice.

L’injustice, tout un programme… Comment es-tu arrivé à l’autoédition ?

 

Un an avant la sortie de « Lola », je me suis intéressé de près à la chose. Je savais que l’on pouvait publier sur Amazon sans passer par l’édition traditionnelle. Mais je n’en connaissais pas les rouages. Du coup, j’ai glané ci et là, quelques infos auprès d’autres auteurs qui se sont lancés avant moi, et j’ai lu quelques articles sur le sujet pour éviter de passer inaperçu le jour de la sortie.

Je crois qu’on débute tous un peu de la même manière. Tu peux nous parler de ton projet « Le complexe de Cendrillon » ?

Je n’ai pas réellement de souvenir de la manière dont cette idée m’est venue, mais je trouvais le point de départ suffisamment intéressant pour en faire un roman. J’ai donc laissé germer cette idée dans ma tête, puis quelques mois après la sortie de « Lola », j’ai décidé de coucher sur le papier les premiers éléments. Je procède toujours ainsi, même si je connais toujours la fin avant de commencer. Et l’histoire s’est emballée dès lors que le personnage féminin est apparu. Ce que j’avais prévu au départ n’a donc pas eu lieu. Entre temps, il y a eu et le mouvement #metoo suite à l’affaire que tout le monde connaît. Je ne m’étalerai pas sur le sujet, mais ce qui m’a choqué – et qui me choque encore – c’est la représentation de l’homme de manière général qui est faite depuis cette affaire. Et j’avais envie, en tant qu’auteur et homme, d’apporter moi aussi ma pierre à l’édifice. La première partie du roman – qui est relativement courte – est assez particulière. J’ai voulu pousser la lâcheté de l’homme à son extrême, tout en le faisant passer pour un prédateur, vu que c’est la représentation de l’homme d’aujourd’hui. Ensuite, le roman prend une tout autre tournure avec l’arrivée du personnage féminin. Chacun interprétera cette histoire selon sa sensibilité. Pour ma part, c’est un roman qui n’a de sens que dans sa globalité. Il est impossible d’émettre un avis sur celui-ci sans avoir été jusqu’à la dernière phrase.

À propos du visuel, quelle ambiance souhaitais-tu retranscrire avec ta couverture ?  C’est le moment de nous vendre du rêve !

Je voulais qu’elle ait une résonance particulière. Tout le monde connaît l’histoire de Cendrillon. Je t’ai alors suggéré de mettre quelques symboles liés à son histoire. La chaussure et son talon cassés se sont imposés d’eux-mêmes. Pour le reste, je t’ai décrit l’ambiance que je souhaitais et le thème du livre, puis tu as conçu la couverture à partir de ces éléments.

Selon toi, est-ce que la couverture est déterminante pour le succès d’un livre ? À plus forte raison sur les plateformes comme Amazon ?

Je suis très attaché au visuel. Je me devais donc à mon tour de faire quelque chose qui soit à la hauteur de ce que j’apprécie chez les autres. Je pense que le succès d’un livre est très aléatoire. Et la chance rentre beaucoup en ligne de compte. Bien plus que le talent et le travail. Mais il est certain qu’une couverture réussie à plus de chance d’interpeller un futur lecteur.

À propos du titre, tu as eu l’inspiration immédiatement ? Il s’est imposé au début du projet, en cours d’écriture ou en toute fin ?

Le premier titre n’était pas celui-ci. Pendant toute la durée de l’écriture, j’avais ce titre en tête, mais j’avais l’intime conviction que je m’égarais. Le titre avait une résonance « thriller », alors que le « Complexe » penche davantage du côté dramatique. Et c’est dans sa dernière phase d’écriture que je me suis aperçu qu’il y avait énormément de ressemblance avec l’histoire de Cendrillon. Je suppose que c’était inconscient. Et je me suis souvenu de cet article qui parlait du « Complexe de Cendrillon ». J’avais trouvé mon titre qui sciait parfaitement à mon histoire.

En tant qu’auteur, qu’est-ce que tu attends d’une bonne couverture ?

C’est difficile de répondre. Ce qui est « bon » pour moi ne l’est pas spécialement pour les autres. Je suis désolé, mais là je pêche. En quelques mots, je n’ai pas de critères particuliers.

Et en tant que lecteur ?

 

Idem.

Au moins, c’est clair 😉 ! Ce n’est pas notre première couverture ensemble (merci pour ta confiance renouvelée). On a bossé ensemble sur « Tout le monde connaît Lola ». À deux reprises. Il y a eu une première version sous forme d’illustration, puis un changement de direction au bout de quelques mois. Ton besoin de remplacer la couverture reflète bien une des problématiques d’un indépendant : le dilemme entre efficacité et originalité. Est-ce que tu veux bien revenir sur cette expérience ?

J’étais très attiré – je le suis toujours – par la représentation que tu faisais des femmes dans tes peintures. Je t’ai donc de demandé de réaliser une couverture qui soit dans la même thématique. Quelques mois plus tard, je me suis aperçu qu’elle ne collait pas avec à la tranche d’âge souhaité. J’ai donc fait appel à toi une nouvelle fois en te donnant des éléments qui pourraient t’aider à sa réalisation. Pour te remercier de cette collaboration, j’ai glissé un clin d’œil dans « Le complexe » concernant tes toiles.

Merci pour le clin d’œil 😉 J’ai moi-même modifié une de mes couvertures suite à des résultats décevants. Tu as senti l’impact de ton côté ?

Aucun. Excepté une offre éclair juste après la mise en place de la nouvelle couverture – dont les ventes avaient été mirobolantes ce jour-là – je n’ai constaté par la suite rien de significatif. Si mes souvenirs sont bons, je crois que j’ai modifié ma couverture six mois après la publication. C’est le moment ou un livre atteint sa fin de vie sur Amazon.

Au bout de 6 mois, c’est compliqué pour un ebook, en effet. Est-ce que tu « testes » ta couverture auprès d’un cercle de proches ou auprès de tes lecteurs ? Si oui, comment ça se passe ?

Pour la première version de « Lola », je savais ce que je voulais. Pour la deuxième version, je t’ai laissé carte blanche. Mais j’avais tout de même fait un sondage sur Facebook, et quelques amis auteurs qui avaient lu le livre m’ont aidé à trancher puisque tu m’avais soumis différents projets. Pour mon second roman, j’ai demandé à deux auteurs de me donner leur avis. Ce qui a modifié au fur et à mesure un peu les choses, comme tu as pu le constater par toi-même.

Comment es-tu venu à me contacter ? Pourquoi moi ?

 

C’était pendant ma période où je m’intéressais au milieu de l’auto-édition, et j’ai entendu parler de toi, de tes romans et je suis tombé sous le charme de tes peintures. À cette époque, tu ne faisais que quelques couvertures. Après un bref échange, tu as bien voulu travailler pour moi.

Comment décrirais-tu notre collaboration ?

 

C’est toujours difficile de retranscrire avec fidélité ce que l’auteur – en l’occurrence moi – a en tête et ce que le graphiste est capable d’accomplir. Je ne sais pas si tous les auteurs avec qui tu as travaillé sont aussi perfectionnistes que moi, mais j’ai tendance à placer la barre très haute. Pour « Le complexe », tu as accompli un travail exemplaire.

Je te remercie ! Un conseil à donner aux auteurs qui se lancent sur Amazon à propos de la couverture ?

C’est un élément à ne pas négliger. Quelques auteurs indés dont j’apprécie grandement la plume ont des couvertures indigne de leurs écrits. C’est dommage. Par contre, l’inverse est rarement vrai.

Tu as d’autres projets à venir ?

 

J’ai commencé à faire un plan pour mon prochain roman. Ce qui n’est d’ordinaire pas mon style. Mais pour celui-ci, je suis obligé de m’y mettre si je veux éviter les problématiques liées aux incohérences narratives. Et ce sera encore une histoire qui tournera autour de la femme. Mais dans un tout autre registre.

Très bien tout, ça. Je suis un adepte du plan, tu le sais peut-être. Où peut-on trouver tes livres, en apprendre davantage sur ton univers ? (Facebook, Insta, Amazon, site ou blog)

Malheureusement, je n’ai pas de site internet. Je ne maîtrise pas suffisamment bien la chose pour faire quelque chose d’attrayant. Je me contente de Facebook et d’Instagram pour parler de mes romans. Pour le reste, je publie de moins en moins sur les réseaux sociaux. Plus pour me préserver.

Tu peux nous dévoiler ici le texte de 4e de couverture ?


 

Julien a tout pour plaire. Entre son charme et son éloquence, nulle femme ne lui résiste. Mais lorsque le temps est à la rupture, il n’a jamais su s’y prendre, préférant la fuite à la confrontation. Et puis un jour, sa lâcheté va le contraindre au crime.

De son côté, Angeline est convaincue que toutes les histoires qui lui étaient contées sur grand écran et martelées par sa mère durant son enfance n’étaient qu’un mirage aux airs de conte de fées.

Ces deux êtres que pourtant tout oppose vont finir par se croiser. De cette rencontre va naître un jeu duquel personne ne sortira indemne. Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc

La date de sortie, c’est pour quand ?

 

Le vendredi 16 novembre.

Merci beaucoup. Un petit mot pour la fin ?

 

Si vous avez une passion, quelle qu’elle soit, n’abandonnez jamais. Le travail finit toujours par payer.

N’hésitez pas à poser vos questions à l’auteur en commentaire. Si vous avez besoin d’une couverture, direction ma page création de couvertures

 

10 Nov 2018

Carte des lecteurs

J’y pense depuis un moment : réaliser une carte pour partir dans un futur proche à ta rencontre. Signer mes livres dans des lieux insolites, un peu underground, je pourrais même y exposer mes toiles. N’hésite pas à laisser en commentaire ta ville et le code postal afin que je puisse mettre à jour la carte 😉 De cette manière, j’imagine qu’un itinéraire va se profiler et que j’y verrai plus clair pour ce beau projet.

Prochaines séances de dédicaces :

  • Samedi 24 novembre – Muret (31600 | 15 place Mercadieu), Librairie l’attrape-rêve. De 10h à 13
  • Samedi 26 janvier – Paris 7e (Mairie 7eme | Métro Solferino – 116 rue de Grenelle) , Salon “Lire c’est libre” de 14h à 18h.
  • du 15 au 17 mars – Salon Livre Paris (Porte de Versailles)
  • du 14, 15 et 16 juin – 4e édition Festival Méditerranée | Prix littéraire  Polar, Suspense et Aventure | Le Barcarès.

10 Nov 2018

Un peu de moi…

C’est difficile de se définir, encore moins simple de trouver une présentation sympa et de rendre le tout digeste. Alors pour que ce soit intéressant et un peu différent d’une bio « officielle », il va falloir un miracle. Le mieux, c’est sans doute de te parler comme si je t’avais en face, autour d’un café. Un soupir, je me demande par quoi commencer. Je me lance. Toulouse, cuvée 83, même en remontant dans mes plus vieux souvenirs à Saint-Cyprien, j’ai toujours fait trois choses : dessiner, me raconter des histoires et me débrouiller pour avoir invariablement une main ou un pied dans le plâtre. Artiste, rêveur, cabossé… C’est un bon résumé.

J’ai tendance à penser qu’on est le cumul de nos choix, de nos petites souffrances, nos grosses blessures, un empilement organique de victoires, de revanches, de choses à dire et tellement d’autres à taire. Dans une main on tient une poignée de fiertés, dans l’autre, un paquet de regrets. On suture l’ensemble avec des peines, des joies, des instants de bonheur et des moments traumatisants et on prie pour que ce grand tout tienne bon face au remous du destin tandis que l’on continue de rêver en secret. En ce sens, je suis un pantin défiguré qui bade la lune, une marionnette décousue contemplant les étoiles, à l’effigie d’un gentil écorché, plutôt incompris. Il y a cette sorte de mélancolie en moi, une larme, une seule et unique petite perle de sel qui ne demande qu’à sortir les soirs d’alcool, les nuits de paniques, les bronches pleines d’herbe ou entre deux sourires. Pourtant, enfant, tout allait bien. C’est plus tard que j’ai dérapé – ou que j’ai ouvert les yeux, je ne sais plus bien.

Je me suis toujours senti fragile, à part, un peu brisé sans même savoir pourquoi. Par la suite j’ai eu de bonnes raisons de l’être, mais c’est encore une autre histoire. En bon petit garçon, j’ai passé quelques années à m’accrocher fermement à un profond besoin d’être aimé, on m’a rapidement calmé de ce côté-là. Et puis après, je me suis fait une raison, mais ça n’empêche pas d’avoir mal ni de vouloir retenter le coup de temps à autre. On peut connaître les règles du jeu et s’évertuer à aller contre le courant.

Je crois avoir réalisé assez vite que je ne serai jamais dans le moule, parce que je n’étais pas performant dans le moule. J’étouffais dans ce putain de moule. Vraiment, j’ai su très tôt que je préférais crever que d’entrer dans le système et la norme. Alors je me suis inventé des mondes, une infinité de moi, une ribambelle de toi et j’ai toujours flirté avec le réel, en me réfugiant dans l’imaginaire, la créativité ou l’expression à chaque fois que ma vie était trop moche, insupportable ou juste merdique (répétitive, injuste, sournoise… tu complètes au choix).

Trop émotif pour être réellement heureux, tellement dans la réflexion et l’introspection que je n’ai pas vu les trains passer, j’ai lentement glissé. Psychanalyse gratuite d’un bisounours égaré. Avec des « Et si ? » et des « pourquoi pas ? » puis des « Sauf que », j’ai érigé des barricades et je me suis construit lentement un monde à moi. C’était un peu comme un entraînement, avant que je ne sois prêt à atteindre le point de rupture. Prêt à plonger dans l’écriture. Oui, c’était un bon échauffement, mais aussi, et surtout un pansement pour survivre dans la normalité… parce qu’au bout du compte, le sacro-saint moule… je lui ai léché les bottes et j’en ai épousé la forme jusqu’à en perdre ma personnalité.

C’est un burn-out qui m’a précipité vers la révélation. Graphiste à mon compte, j’avais bossé dur pour toucher le sommet et tirer mon épingle du jeu. Le prix à payer, c’est que je n’étais pas vraiment moi, d’ailleurs je n’étais plus rien. J’étais une pâte à modeler d’une centaine de kg, un (gros) tas de compromis bourré de Redbull, de caféine et de nicotine collé à l’écran 20h par jour. J’excellais dans l’envie de faire plaisir au point de m’oublier. Au point d’effacer totalement qui j’étais, au point que je ne me souviens même pas correctement de ces années auprès de mes petits garçons en bas âge. Je me suis coupé en quatre pour mes clients, mes proches, en disant oui à tout et en courbant l’échine pour entrer dans le rang. En réalité, je me taillais les veines un peu plus à chaque fois que je m’enfonçais davantage dans le mensonge : j’étais une erreur de parcours, pas du tout à ma place, pas dans la bonne vie, le bon pays, ni le bon siècle. Même pas dans la bonne dimension. [Fin de la partie dramatique]

Avec le recul, c’est ce point de non-retour, la véritable bascule. Un grand crac dans ma colonne vertébrale, le dos en vrac, un été à Royan. Ce moment précis a cristallisé le fait que je ne me supportais plus et que je n’avais plus la force de maquiller mon quotidien. Cette douloureuse seconde a été le véritable déclencheur. Je couvais le malaise depuis des années, puis mon corps a dit stop. Le plus dingue, c’est que c’était atroce physiquement, et en même temps, un foutu soulagement dans le cœur. J’étais en train de couler, je ne pouvais plus continuer d’entretenir l’illusion et la version « officielle » c’est que ce n’était pas de ma faute… Une aubaine travestie en accident de la vie… tu vois ce que je veux dire ?

Double hernie discale, une envie de rien, pas même de lendemain, le noir total et il me restait alors… mes histoires – et des opiacés pour museler les décharges lancinantes dans les reins. À partir de là, j’ai compris que pour moi, ça serait écrire ou mourir. Créer pour exister. Vivre des dizaines de vies, accepter pleinement ce que je suis et m’en servir pour me libérer, te divertir et pourquoi pas – si je fais bien mon job – titiller ta conscience, te permettre un peu d’évasion en portant un regard différent sur la société, déclencher une avalanche de questions existentielles après le mot fin. À partir de cet instant, je me suis aligné avec ce que j’avais au fond. Un gosse un peu bancal, excessif et passionné. J’ai laissé tomber le masque, j’ai baissé les armes, remonté le froc et j’ai marché dans la bonne direction.

Alors, toi qui prends quelques minutes pour me lire, je pourrais te raconter ma vie de famille merveilleuse, je pourrais m’étaler sur mon petit train-train à Monstesquieu Volvestre, me la raconter avec mes 70 000 lecteurs ou mon superbe Atelier, te servir mon beau parcours et tout le tralala commercial… Mais après tout, je suis sur mon site, je suis indépendant, je fais ce que je veux et je te dois bien un max d’authenticité.

Auteur, écrivain, créatif, conteur ou rêveur… Toute cette tartine pour te dire que je raconte simplement des histoires et qu’il s’agit là non seulement d’une passion, mais aussi de mon salut, ma raison de me lever chaque jour. Étrangement la fiction m’ancre dans la réalité. Depuis que je conçois des intrigues, je me sens vivant, plus que jamais. J’observe, je vois vraiment le monde au lieu de simplement le regarder. Le plus drôle, c’est que je peux le tordre à volonté et que ça me fait souvent du bien. Et ce n’est pas le plus beau. Non, le plus beau, c’est toi. J’entends par là, la multitude de rencontres qu’engendrent écriture et lecture. Humainement, je n’ai jamais été aussi riche qu’aujourd’hui.

Si je me suis lancé depuis 4 ou 5 ans, j’invente depuis toujours. J’ai organisé ma vie autour de l’écriture, j’ai la chance d’être suivi par des lecteurs en or, épaulé par ma femme et de pouvoir vivre de ma plume en profitant de mes trois petits gars. Dès le matin, c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’en passer, il faut que je laisse l’inspiration déborder sur mes tableaux noirs mes carnets et le clavier. Ça rime généralement avec une clope, un café. Je le mets au singulier, mais tu vois l’idée… Jusqu’au soir, je ne fais que ça. Par les mots, les couleurs, l’encre, j’imagine, je découpe la réalité, je galope nu dans le champ des possibles. Je dois t’avouer que je dors généralement très mal, les idées ne s’arrêtent jamais. Cette incapacité de mon esprit à se mettre en pause, je l’ai longtemps considérée comme une malédiction, je la vois à présent comme un don. Un don qui me permet d’écrire plusieurs livres par an, de peindre, de plonger dans la vie avec un grand V.

Comme je pense qu’il n’y a pas de hasard, et que tu es en train de me lire je te souhaite la bienvenue et je suis sûr qu’on se croisera un jour où l’autre. Entre mes lignes ou dans la réalité. Peut-être les deux. Merci d’être là.

Matthieu

16 Oct 2018

72H – Mon nouveau thriller

Pourquoi n’est-il pas rentré ? Valentin est sur répondeur. Ce n’est pas un retard, il s’est volatilisé. Il a douze ans. Début du cauchemar.

Un enfant émotif et introverti, une mère au supplice. Un professeur ambivalent, un directeur qui ment. Dans le prestigieux collège Sainte-Sophie, les secrets sont à double tranchant, les mensonges jouent contre le temps.

Nathalie, maman solo saignée à blanc, va sombrer dans l’angoisse glaçante d’une disparition. Une effroyable descente aux enfers où chaque seconde sans nouvelles est un calvaire. Entre nuits blanches et peur du pire, la détresse et l’urgence sont une torture. Un décompte.

Nathalie remue ciel et terre, elle ignore seulement qu’un sablier s’écoule dans une pièce sombre. Quelqu’un détient la vérité, une ombre se délecte des heures qui filent. Et pour sauver son enfant, cette mère va devoir rencontrer son destin.

Où est Valentin ?

 

C’est avec beaucoup de plaisir que je dépoussière le blog pour vous présenter ici la couverture et le texte de 4e de couverture de mon prochain livre. 72H sort vendredi 19 octobre sur Amazon, mais aussi sur mon site.

Bienvenue en coulisse…

Derrière cette histoire, il y a un grand nombre de “premières fois”. Ma méthode de travail a évolué, il s’agit sans doute de mon intrigue la plus structurée en amont. Première fois que je m’entretiens avec un gendarme pour mes recherches (d’ailleurs, s’il me lit, il a toute ma gratitude 🙂 et les portes de l’Atelier lui sont ouvertes). Une petite révolution également avec mon “équipe” extraordinaire (l’équipe Hors Norme) : une meilleure analyse des chapitres, de la cohérence, de la force du texte. Il y a véritablement eu une énergie incroyable autour de ce livre. Et je crois que je viens de passer un cap, en trouvant un plaisir d’écrire et de conter inégalé.

Tout ce que je peux dire sans rien dévoiler, c’est que durant plusieurs centaines d’heures, j’ai organisé ma réflexion et déployé tous les moyens pour surprendre et questionner à travers une grande toile tissée de manière organique. Vivante. Un grand tout où chaque élément est connecté. La texture, la structure, les symboles, la rythmique, les sentiments, tout converge pour ne faire qu’une seule et même histoire qui est capable de sauter à la gorge immédiatement et de bousculer jusqu’au mot FIN.

Il sera possible de commander la version Epub, et de précommander le livre papier. J’espère vous rencontrer entre mes lignes, et je vous donne rendez-vous vendredi. Serez-vous-là ?

Prenez soin de vous.

 

 

 

track